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Musique classique et opéra par Classissima

Ludwig van Beethoven

samedi 25 juin 2016


Le blog d'Olivier Bellamy

15 juin

Bruno Ory-Lavollée, forêts en profondeur

Le blog d Président du Festival des Forêts, qui mêle musique, nature et patrimoine, Bruno Ory-Lavollée a aussi écrit un petit essai bien troussé autour de la musique classique et de tous ses aspects (formes, répertoire, éducation, politique, etc.) dont le titre est Aimez-vous Beethoven ? Il est aussi pianiste, c’est là son moindre défaut… Voici son programme : - Glück, Orphée et Eurydice, “Melodie des esprits bienheureux”, Gilles Apap (violon) et Myriam Lafar (accordéon) - Beethoven, Symphonie n°5 en do mineur, 1er mouvement, par l’Orchestre Philharmonique de Vienne, dirigé par C. Kleiber - Scarlatti, Sonate en sol mineur Kk 30 “La Fugue du Chat”, Anne Queffelec - Hersant, Trio pour piano, violon et violoncelle,”Variations sur la Sonnerie de Sainte Geneviève du Mont de Marin Marais”, par J. Farjot et al. Les Madeleines : - Bizet, Symphonie n°1 en do majeur, 2e mouvement, “Adagio”, S. Ozawa dirige l’Orchestre National de France avec M. Croquenoy au hautbois - Traditionnel, “À la Claire Fontaine”, par Sylvie Vartan - Schumann, Carnaval Op.9, “Valse noble”, par Nelson Freire

Jefopera

23 juin

Symphonie italienne (Un été à Rome, 1)

Fuyons mauvais temps, gréves, casseurs et hooligans pour se réfugier à Rome l'espace d'un été. Et ouvrons cette série de promenades musicales avec l’une des plus belles et des plus célèbres symphonies du répertoire, la quatrième de Mendelssohn dite Italienne.   Dans sa tournée à travers le continent européen, Mendelssohn, après l'Allemagne, la France et l’Angleterre, fait escale en Italie au printemps 1830. Il a alors en chantier la Symphonie Écossaise ainsi que plusieurs autres travaux mais décide de les laisser en plan pour travailler sur une nouvelle composition directement inspirée des paysages et des émotions ressenties en Italie. Ce sera une symphonie en la majeur.   De retour à Berlin, il en termine l’écriture et organise la création de l’œuvre, qui a lieu à Londres le 13 mai 1833, à la Royal Philharmonic Society. Le succès est considérable, et la Symphonie Italienne ne quittera jamais plus l’affiche des grandes salles de concert.   Si l’Italie est surtout considérée à cette époque comme un lieu d’histoire et de culture, c’est plutôt à son peuple et ses paysages que Mendelssohn a voulu rendre hommage dans sa partition. La musique, dit-il, je ne l’ai pas trouvée dans l’art lui-même, mais dans les ruines, les paysages, la gaieté et la nature.  Empreint de jubilation, le tourbillonnant premier mouvement, noté allegro vivace, s’ouvre sur une vaillante sonnerie des violons et semble peindre les joies de la campagne romaine et de ses habitants. Il est intéressant de noter qu'à l'instar de Beethoven dans le premier mouvement de la Symphonie Héroïque, Mendelssohn ajoute au cœur du développement un troisième thème, absent de l’exposition, qui fera l'objet d'un développement fugué aux cordes particulièrement élaboré.   Le deuxième mouvement, en ré mineur, aurait été inspiré par les mélodies que Mendelssohn a entendu chanter à Rome par les pèlerins. Idée dont se souviendront Berlioz dans Harold en Italie et Wagner dans le chœur de Tannhäuser.   Le troisième mouvement est une sorte de menuet de teinte bucolique, dont le trio central avec cors et bassons évoque la chasse. Calme avant la tempête du final, véritable explosion festive en forme de saltarello, qui se termine, fait plutôt rare, en mode mineur.   L’Italie ne cessera par la suite d'inspirer les compositeurs, et l’histoire de la musique compte toute une série de symphonies et de poèmes symphoniques « italiens », les plus connus étant le Capriccio italien de Tchaïkovsky et le magnifique Harold en Italie de Berlioz.   La Symphonie italienne de Vincent d’Indy, Aus Italien de Richard Strauss, les Impressions d’Italie de Gustave Charpentier et les symphonies Roma de Bizet et Urbs Roma de Saint-Saens ne sont guère jouées au concert. Si elles ne méritent sans doute pas l'oubli dans lequel elles sont tombées, il faut quand même reconnaître qu’aucune d’entre elles ne revêt le charme, la gaieté et la qualité d’écriture de la symphonie de Mendelssohn, à laquelle on pourrait appliquer le poncif : toujours imitée, jamais égalée.  La discographie est pléthorique et le choix d’une version n’est pas évident. L’œuvre réclame de la vivacité, de la gaieté, du rythme mais aussi du lyrisme et de la sensualité. On éliminera donc les versions épaisses et lourdes (Karajan, Klemperer, Masur) mais aussi celles qui pèchent par sécheresse et manque de sensualité (Szell, Harnoncourt). On ira de l'autre côté de l'Atlantique chercher des lectures agiles, solaires et joyeuses., comme celles de Solti avec le Chicago Symphony Orchestra et, bien sûr, celle de Leonard Bernstein avec le new York Philarmonic.  




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14 juin

5ème Symphonie de Beethoven

France Musique, mardi 21 juin 2016, 20h : 5ème de Beethoven. En direct, Spécial fête de la musique : la chef d’orchestre Marzena Diakun dirige l’orchestre Philharmonique de Radio France dans un programme festif, célébrant la Fête de la musique en ce premier jour de printemps. 5ème Symphonie de Beethoven La Cinquième symphonie est avec la Neuvième la plus célèbre des symphonies de Beethoven, peut-être même de toute l’œuvre du compositeur. Incarnant souvent l’image même de la musique classique, c’est grâce à son premier mouvement rempli d’énergie que l’œuvre doit son immense popularité. L’ouverture foudroyante mondialement connue, un simple motif de quatre notes, nous identifie immédiatement avec le génie de compositeur. “So pocht das Schicksal an die Pforte” (« Ainsi le destin frappe à la porte”), aurait rapporté le compositeur à Schindler. Elle a un impact formidable sur toute la génération succédant à Beethoven. Berlioz, grand admirateur du génie allemand, est là pour en témoigner. Au chapitre XX de ses Mémoires, il raconte comment son maître Lesueur pourtant hermétique à la musique de Beethoven, fut bouleversé, même épuisé par l’émotion que lui a suscité la Symphonie. Remis de ses émotions, il dit plus tard au jeune Berlioz : « C’est égal, il ne faut pas faire de la musique comme celle-là », à quoi l’élève répondit : « Soyez tranquille, cher maître, on n’en fera pas beaucoup. ». Autre anecdote célèbre, toujours dans ses mémoires, Berlioz raconte qu’au cours d’un concert, un vieux grenadier de la garde Napoléonienne, au moment où débuta le finale, se leva et s’exclama :”L’Empereur, c’est l’Empereur!”. Même Goethe, alors réticent à la musique de Beethoven, fut saisi d’émotion par le chef-d’œuvre que le tout jeune Mendelssohn lui joua dans une transcription au piano. Lors de la seconde guerre mondiale, le début de la cinquième était le symbole de la résistance française, la BBC débutait ses messages radios avec les quatre notes frappées par les timbales comme indicatif de ses émissions à l’intention des pays européens sous l’occupation nazie. Trois brèves, une longue, significatif de la lettre V en morse : le V de la victoire, le V de la 5ème symphonie. Contemporain de la Sixième
. Cette symphonie est contemporaine de la Sixième composée pratiquement en même temps. Les premières esquissent datent de 1803, mais c’est en 1805 que Beethoven commence sérieusement sa composition. Après une coupure d’un an, il l’a reprend avec la Sixième symphonie et l’achève probablement en mars 1808. Ces deux jumelles, bien que d’un caractère totalement différent, sont toutes les deux jouées lors d’un célèbre concert datant du 22 décembre 1808 au Theater “An der Wien”. Le programme paraît aujourd’hui bien surchargé puisqu’il comprend en plus des symphonies, le Quatrième concerto pour piano opus 58, la Fantaisie chorale, ou encore des extraits de la Messe en ut. Les deux oeuvres sont présentées dans l’ordre inverse de leur numérotation définitive et paraissent chez Breitkopf et Härtel en 1809. Elles sont dédicacées conjointement au prince Lobkowitz et au comte Razumovsky. Les quatre mouvements Allegro con brio : une forme-sonate traditionnelle, basée sur le célèbre motif de quatre notes (motif déjà utilisé par Beethoven auparavant). Mouvement d’une grande intensité, d’une énergie débordante. Andante : grande sérénité, où l’auditeur recherche la détente nécessaire après la tension accumulée par l’allegro qui précède. Il s’agit d’une variation libre à deux thèmes, seul mouvement lent de symphonie dans cette forme. Certains passages au cœur du mouvement s’avèrent très énergiques, et annoncent d’une certaine manière la finale. Allegro : il s’agit encore une fois d’un scherzo bien que Beethoven n’en fasse aucune mention sur la partition. Une première partie mystérieuse, angoissante dans des nuances pianissimo s’oppose à une seconde fortissimo basée sur le même motif que le premier mouvement. Il s’enchaîne directement au finale sans interruption par un immense crescendo orchestral. Allegro : Finale triomphant qui représente l’aboutissement de tout ce qui précède. L’éclatant ut majeur sonne la victoire du compositeur sur sa destiné. Sur France Musique, ce 21 juin , le Philharmonique de Radio France joue le premier mouvement de la Symphonie n°5 de Beethoven… Concert diffusé en direct de l’Auditorium de la Maison de la radio, à Paris Ludwig van Beethoven: 
Symphonie n°5 en do mineur op.67 – 1er Mouvement Edvard Grieg
: Peer Gynt op.23 – Musique de scène pour le drame d’Ibsen Piotr Ilyitch Tchaïkovski: 
Roméo et Juliette – Ouverture fantaisie d’après Shakespeare Nikolaï Andreïevitch Rimski-Korsakov: 
Le vol du bourdon Alexandre Borodine: 
Le Prince Igor – Danses Polovtsiennes Camille Saint-Saëns: 
Danse macabre op.40 – Poème symphonique Antonin Dvorak: 
Danses slaves pour orchestre n°1 en do Maj. op.46 Orchestre Philharmonique de Radio France Marzena Diakun, direction



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11 juin

CD, compte rendu critique, coffret événement. HAYDN : intégrale des 107 Symphonies sur instruments anciens : Brüggen, Hogwood, Dantone (35 cd DECCA).

CD, compte rendu critique, coffret événement. HAYDN : intégrale des 107 Symphonies sur instruments anciens : Brüggen, Hogwood, Dantone (35 cd DECCA). COFFRET SUPERLATIF. Le coffret de cette intégrale du Haydn symphoniste est tout simplement superlatif. Le corpus récapitule l’apport grandiose et incontournable de Joseph Haydn (1732-1809), père génial du Quatuor et surtout de la Symphonie, dont il fait des standards, emblèmes de la société civilisée et philosophique à l’époque de la Révolution française. Pénétrée par l’esprit des Lumières, la centaine de Symphonies ainsi réestimées, – corpus dont nous suivons l’évolution majeure, depuis les années 1750, jusqu’aux accomplissements des années 1790, quand Joseph compose des partitions applaudies et vénérées à Londres et à Paris, dans toute l’Europe-, est une somme orchestrale qui permet d’atteindre un âge d’or formel, copié après lui par tous les grands romantiques, y compris Beethoven… et Mozart, le premier d’entre tous. Soit une intégrale en 107 symphonies ; le sujet intéresse les tenants de la révolution musicale sur instruments anciens ; l’équivalent de ce que fait aujourd’hui un Jérémie Rhorer pour les opéras de Mozart (comme le démontre et le confirme son récent live parisien de l’Enlèvement au Sérail, édité chez Alpha, ce mois ci : lire la critique de l’Enlèvement au Sérail de Mozart par Jérémie Rhorer et Le Cercle de l’Harmonie… Des anciens, Hogwood et Brüggen à présent décédés, à aujourd’hui Dantone et donc Rhorer, la vitalité expressive des instruments d’époque retrouve le format et l’esthétique original, pas encore (et jamais originelle : qui peut savoir ? Et techniquement cela reste impossible…), mais un nouveau spectre sonore, une nouvelle palette de couleurs et d’accents révolutionnent totalement notre compréhension profonde des oeuvres. Ainsi s’agissant des Symphonies de Haydn, les grands chefs se retrouvent, confrontés chacun à la fantaisie souvent ahurissante, voire expérimentale de Joseph Haydn, depuis son service chez le Comte Morzin puis pour les princes Esterhazy à Esterhaza… Une matière complexe, exigeant un savoir faire, un lacher prise, une inventivité exceptionnellement développée et une souplesse de ton qui révèlent ainsi les meilleurs interprètes… A Hogwood et son Academy of Ancient Music revient dès le début des années 1980 (1984 précisément pour les 100 et 104, puis 1985 pour le 96, soit les plus récentes dans le catalogue mais les anciennes quant aux dates d’enregistrement), pour le label l’Oiseau Lyre / Decca à l’époque, – plus proches de nous, au cours des années 1990: les Symphonies A, B, 1 à 25, 27-34, 36, 17, 40, 53-57 ; en 2000 et 2005, 60-64, 66-77 ; A l’immense Frans Brüggen revient deux cycles : l’un avec l’Orchestra of the Age of Enlightenment : soit les 19 “Sturm und Drang” (jalon primordial pour l’expression emblématique de ce courant esthétique entre Baroque et Romantisme), 26, 35, 38, 39, 41-52, 58, 59 et 65 ; le second avec l’Orchestra of the Eighteenth Century pour les Symphonies au style européen, emblématique de ce goût des Lumières : et qui témoignent surtout de la diffusion exceptionnelle voire inédite d’un Symphoniste en Europe : les 6 “Paris” 82-87 ; les 88-92; La concertante London n°12, enfin les dernières : 93-104. Le chef enregistre ses premières Symphonies à Utrecht (n°90, live) dès 1984), puis à 1986 (93) et 1987 (103); puis complète son cycle à Londres, Paris (Symphonies parisiennes, cité de la musique, 1996)… de 1994 à 1997. En fin au plus jeune, cadet des deux précédents : Ottavio Dantone, dont le tempérament latin apporte une conception renouvelée de la ciselure expressive et poétique : Symphonies 78-81, particulièrement appréciée par la Rédaction cd de classiquenews, enregistrées en juin, juillet et septembre 2015 en Italie (Bagnacavallo). Le projet Decca marque l’écoute en ce qu’il réunit 3 tempéraments d’exception, 3 chefs de première importance qui composent aussi les jalons de l’interprétation des orchestres sur instruments d’époque : où l’éloquence nouvelle des couleurs d’époque dans leur format d’origine redéfinit l’équilibre global, l’esthétique expressive et poétique, dévoile surtout sur le plan du style et des idées, la vision du chef. Solaire, ou Apollinien, parfois distancié et comme en dehors de la matière palpitante et humaine du chant haydnien, le Britannique Christopher Hogwood dont le geste a marqué avant tous les autres, l’approche historiquement informée des Symphonies de Haydn, avec un orchestre au format idéal, en impose par son souverain équilibre, une éloquence lisse, parfaite, sans aspérités ni tensions contradictoires… pour autant captivante sur le long terme ? De leurs côtés, et finalement de la même école, – alliant la souplesse et la vivacité coûte que coûte, les frémissants Hans Brüggen et l’espiègle, très imaginatif et plus récent, cadet des trois, Ottavio Dantone, saisit par leur subtilité expressive, un travail remarquablement caractérisé, qui n’hésite pas à rapprocher toutes les symphonies dans chacune de leur séquence, … de l’opéra. Opéras pour instruments, voilà une conception qui prévaut chez chacun d’eux. Que vaut l’écoute de quelques cd étalons, pris à la volée et presque en aveugle ? Que révèlent-ils de chacun des maestros ? Hogwood, Brüggen, Dantone… 3 chefs viscéralement haydniens HANS BRÜGGEN, le poète vif-argent. Noblesse passionnante, et triomphe sous jacente des idées des Lumières, les Symphonies 90, 91 et 92 de 1788 et 1789 illuminent par l’effet d’une puissante certitude qui s’exprime essentiellement par le feu d’un orchestre suractif et aussi instrumentalement caractérisé : ce triplet, dont le finale est l’éloquence vive et loquace de la Symphonie “Oxford” est l’une des plus mozartiennes de Haydn : une jubilation permanente qui est portée par un sourire lumineux, crépitant, d’une justesse humaine, souvent enthousiasmante. Ne serait-ce que pour ce seul cd, le geste vif, souple d’un Brüggen admirable de vivacité convainc et surprend par son allure tendre et déterminé : du nerf et de la douceur tour à tour. Un modèle d’équilibre et une claire conscience des couleurs de chaque instruments d’époque. Même aboutissement avec le cd 33 : la n°96 à juste titre intitulée “Miracle” : grandeur solaire et pourtant très expressive, en particulier dans le sens de l’articulation instrumentale (hautbois dans le Menuetto) ; flûte mordante incisive du Finale noté Vivace assai : vitalité malicieuse, grandeur nimbé de lueurs préromantiques propres au début des années 1790 (1791) ; facétie “Militaire” qui devient feu crépitant et ronde urbaine civilisée pour la n°100 en sol majeur : au dessin instrumental virevoltant : Brüggen s’y montre fabuleusement espiègle, totalement convaincant avec son orchestre du XVIIIè siècle. CHRISTOPHER HOGWOOD, solaire et apollinien,… trop parfait ? La mécanique Hogwood est d’un équilibre parfait, parfois trop distanciée, et donc un rien trop huilée, sans vrai nécessité. Propre aux années dorées du support cd, soit les années 1980, le geste, s’il tourne parfois à l’exercice systématisé (excès de la demande marketing?), d’une rare exigence philologique du chef britannique fouille le legs haydnien dans ses moindres détails : au point de présenter par exemple : la Symphonie n°54 dans ses deux versions (cd 16) : c’est un travail exigeant et jusqu’au boutiste qui souhaite comprendre de l’intérieur la fabrique du Haydn symphoniste. Versions diverses où le magicien sorcier de la matière symphonique régorganise l’ordre des mouvements, cherchant dans une expérimentation continuelle la meilleure formule : bousculant les premiers standards pour choisir en définitive, deux adagios tout d’abord, auxquels succèdent le Menuet et le Presto final. Peu à peu les idées se précisent et s’organisent; de l’émergence première à l’organisation du discours : l’acuité et la probité de l’entreprise convainquent tout à fait ; et l’on comprend que pour permettre aux Brüggen et Dantone de poursuivre dans cette voie décisive, en provenance d’Angleterre, il a fallu qu’un Hogwood ouvre la voie et prépare aux audaces suivantes. Ce cd 16 résume à lui seul toute la pertinence de la vision Hogwood. De séquence en épisode, chacun idéalement caractérisé, se dessine et la justesse de l’interprète, et la bouillonnante activité créatrice du compositeur (ici, en 1774 : au carrefour du baroque et du préromantisme…). Dans une autre acoustique, plus proche, chambriste et mordante par son acuité instrumentale, la transposition des Symphonies 94 ” “, 100 “Militaire”, 104 “Londres”, signée Salomon, transcripteur et agent à Londres de Haydn, toujours soucieux de diffuser sa musique, y compris dans des arrangements pour quelques instruments (pianoforte, flûte et quatuor à cordes ; ultime avatar du rayonnement des œuvres de Haydn ainsi diffusées à Londres en 1791, 1793, 94 et 95. Là aussi la curiosité de Hogwood et ses solistes de l’Academy of Ancient Music. LE MIRACLE DANTONE. Quel sens du contraste chez Ottavio Dantone dont l’allegro spirituoso de la Symphonie 80, pleine de rebondissements et contrastes dramatiques, dévoile cette fièvre et ce débridé élégantissime si absent chez les Britaniques. L’Accademia Bizantina fait miracle de chaque trait instrumental, chaque pause, négociant aussi les silences, restituant à une musique courtoise et civilisée, prise de façon trop artificielle ou donc mécanique ailleurs, regorge de vitalité simple, de nerf franc, de santé première : un miracle de jaillissement impétueux, cependant idéalement canalisé par ses intentions, son style, sa claire élocution. De toute évidence, Dantone a clairement choisi le feu scintillant d’un Brüggen plutôt que la Rolls routinière Hogwood. Le sens des dynamiques, la balance sonore globale, l’équilibre des couleurs et des timbres par pupitre relèvent d’une direction miraculeuse. Jamais ici le chambrisme des cordes, propre à l’orchestre de chambre ne sacrifie l’éclat millimétré des accents de chaque instruments. C’est bien le propre des instruments d’époque que d’affirmer une carte des identités sonores nouvelles, plus intenses, pleine de caractère, certes moins globalement puissante, mais plus finement caractérisée. Ce dosage, cette alchimie sont parfaitement comprises et exploités par Dantone (la ligne de la flûte au dessus de cordes dans l’Adagio de la même n°80 de 1784) : miracle d’inventivité, d’un nerf pulsionnel Strum und Drang ; mais aussi d’un raffinement de teintes et de couleurs d’une perfection allusive phénoménale. Ottavio Dantone relève haut la main par sa très grande sensibilité : chaque éclair dramatique est revitalisé, dans une vision globale énergique qui saisit chaque contraste sans en gommer un seul : une délicatesse jamais maniérée qui enchante et s’enivre dans la nervosité sanguine Sturm und Drang de l’Allegro ; la suprême lumière intérieure de l’Adagio, le movement le plus long, résolument par ses teintes et son caractère plus introspectif, moins noble que nostalgique : Empfindsamkeit. Ce dont le chef et son orchestre sont capables d’un épisode à l’autre est stupéfiant de vitalité, d’expressivité fine et ciselée, de couleurs… L’on avait jamais écouté avant lui tant d’arguments, de récits opposés, associés, accordés : l’imagination du maestro inspiré (magicien par ses idées innombrables) rend le plus hommage à Haydn. C’est fluide, allant, naturel et aussi d’une fantaisie espiègle souvent absente de ses prédécesseurs. Alors oui, la compréhension de l’Accademia Bizantina affirme aujourd’hui, ce miracle sonore et expressif que seul apporte un orchestre d’instruments anciens. Comme affûtées, mordantes, presque acides mais d’une ductilité là encore frémissante (parfaitement accordées à l’esthétique scintillante et surexpressive, très empfindsamkeit, les Symphonies du cd 24, plus tardives (n°78 et 79), harmoniquement plus tendue s’imposent tout autant, avec une gestion dramatique saisissante (tension/détente du Vivace introductif de la 78), d’autant que Dantone semble ciseler le moindre accent, dévoilant la subtile et souvent imprévisible texture, souvent rugueuse et métallique aux couleurs particulièrement changeantes : véritables éclairs aux cors, caquetage des bois, permanente fantaisie, et parfois délirante ivresse (excellent Menuetto de la 78). Trois maîtres de la baguette pour une intégrale musicalement irrésistible et très éloquente se révèlent dans ce coffret majeur. CLIC de CLASSIQUENEWS de l’été 2016. CD, compte rendu critique, coffret événement. HAYDN : intégrale des 107 Symphonies sur instruments anciens : Brüggen, Hogwood, Dantone (35 cd DECCA

Ludwig van Beethoven
(1770 – 1827)

Ludwig van Beethoven est un compositeur allemand né le 16 décembre 1770 et mort le 26 mars 1827. Dernier grand représentant du classicisme viennois (après Gluck, Haydn et Mozart), Beethoven a préparé l’évolution vers le romantisme en musique et influencé la musique occidentale pendant une grande partie du XIXe siècle. Inclassable, son art s’est exprimé au travers différents genres musicaux, et bien que sa musique symphonique soit la principale source de sa popularité universelle, il a eu un impact également considérable dans l’écriture pianistique et dans la musique de chambre. Vers 1793, Haydn dit de lui « Vous me faites l’impression d’un homme qui a plusieurs têtes, plusieurs cœurs, plusieurs âmes ». Surmontant à force de volonté les épreuves d’une vie marquée par le drame de la surdité, célébrant dans sa musique le triomphe de l’héroïsme et de la joie quand le destin lui prescrivait l’isolement et la misère, il a mérité cette affirmation de Romain Rolland : « Il est bien davantage que le premier des musiciens. Il est la force la plus héroïque de l’art moderne ». Expression d’une inaltérable foi en l’homme et d’un optimisme volontaire, affirmant la création musicale comme action d’un artiste libre et indépendant, l’œuvre de Beethoven a fait de lui une des figures les plus marquantes de l’histoire de la musique.



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