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Musique classique et opéra par Classissima

Ludwig van Beethoven

mardi 30 août 2016


Les blogs Qobuz

26 août

Le blog de l’été (8) – Ce jour-là : 2 juin 1950

Les blogs Qobuz Pablo Casals (1876-1973), la conscience des musiciens catalans (Ph. Hélène Jannbreau) Ce jour-là, « le village avait changé d’aspect ; les rues s’ornaient de drapeaux, de banderoles et d’affiches, et le pavillon catalan flottait un peu partout. » Ce jour-là, Pablo Casals avait accepté de briser, le temps d’un concert, un silence volontaire. Ce jour-là, l’illustre violoncelliste attaqua le Prélude de la Suite en sol majeur de Bach, Bach mort deux siècles auparavant. 2 juin 1950 : des centaines de mélomanes venus du monde entier se retrouvent dans l’église Saint Pierre de Prades, en ignorant qu’ils vont assister à la naissance d’un festival qui illumine, depuis soixante-six ans, la vie d’une petite cité, blottie au pied du Canigou. Un vieux berger « Souvent, dira le Maître, je me suis demandé comment il était possible qu’une si petite ville accueille une telle foule. On me raconte même que des gens étaient venus de Chine pour assister au Festival ! » Et, en ce 2 juin 1950, un bataillon de catalans avait passé clandestinement la frontière – « des musiciens, des professeurs, des ouvriers, un évêque. » Un vieux berger aussi : « … mes moutons m’ont accompagné à travers la montagne… » La basilique Saint Michel de Cuxa, haut lieu du Festival Le violoniste Alexandre Schneider, l’homme de la première heure… (DR) Le violoniste Alexandre (dit Sacha) Schneider, membre éminent du Quatuor de Budapest, qui avait su entraîner Casals, largement septuagénaire, dans l’aventure, écrivait, quelques jours auparavant : « Nous sommes en train de travailler à un festival Bach, très simple et très charmant, sous la direction de Pablo Casals. Nous ne sommes pas en possession de trois ou quatre cent mille dollars. Je ne crois pas que Pablo Casals ait besoin de propagande. Il ne brise pas de baguette. Il ne nous crie jamais au visage, même quand nous faisons des fautes car nous sommes tous des hommes […] Je ne puis exprimer le regret que j’éprouve pour tous les musiciens du monde qui ne pourront assister à ces inoubliables heures de répétitions »… Mémorables concerts À huit heures et demie, la place du village est noire de monde. À neuf heures, il ne reste plus une place libre dans l’église, et l’on prévient le public que les applaudissements ne sont pas autorisés. Mgr Pinson, évêque de Saint Flour, souhaite la bienvenue, les lumières s’éteignent, la clochette de l’enfant de chœur retentit ; « cette fois, c’est lui, le Maître. Il s’avance, seul. Il s’incline pour saluer. L’auditoire se lève – respectueusement, religieusement. Casals s’assied, accorde l’instrument… Son bras droit levé, il ferme les yeux et penche la tête. Tout à coup, l’archet attaque les cordes. Parmi les auditeurs du premier concert du premier festival, lequel a oublié ce moment unique ? » Treize mémorables concerts se succèderont, cette année-là, à Prades, avec Rudolf Serkin, Joseph Szigeti, Isaac Stern, Clara Haskil, Eugene Istomin et Mieczyslaw Horszowski, le doyen. Isaac Stern (1924-2001) sera parmi les artistes invités du premier festival – © Radio France / Ph. Roger Picard Interdit aux patrons ! Pour Pablo Casals, ce n’était qu’une étape dans le grand combat qu’il menait pour la paix, la liberté, la démocratie, la musique, l’amour de la Catalogne. Un combat qu’il avait entrepris en 1920, date de la création de l’Orquestra Pau Casals à Barcelone, et poursuivi, six ans plus tard, avec la fondation de l’Association ouvrière de concerts, « ouverte à tous les ouvriers gagnant moins de cinq cents pesetas par mois, interdite aux patrons et professions libérales » ! Enfin, confidence majeure, « si 1931 reste pour moi l’année de la mort de ma mère, c’est aussi l’année d’une naissance ; en effet, c’est ce printemps-là que la République espagnole vit le jour. » Casals, plus que tout autre musicien, était concerné ; c’est lui, naturellement, qui, à la tête de son orchestre, dirigea la Neuvième Symphonie de Beethoven devant sept mille personnes rassemblées au Palais de Montjuich, le jour de l’installation du nouveau gouvernement ; et c’est à lui que s’adressa alors Francesc Maciá, le président du gouvernement catalan en déclarant qu’avec « le puissant chœur sur lequel se termine la Neuvième, la République prenait son essor sous le signe de la Fraternité »… Plus tard : « Pour moi, cet instant signifiait la réalisation d’un rêve, le rêve qu’avaient poursuivi mes compatriotes durant des années de lutte et de souffrance […] C’était un instant de triomphe pour le peuple espagnol, mais aussi pour la population du monde entier. Hélas ! Qui aurait pu prévoir alors que ce triomphe allait se terminer par une terrible tragédie ? » Mon pays bien-aimé Casals, en effet, fut un héros (« dans certaines villes, on donnait mon nom à des rues… Barcelone me déclara son fils adoptif et Madrid me fit citoyen d’honneur ») et travailla dans le bonheur, jusqu’à « l’irruption » de l’été 1936. 18 juillet, le soulèvement de l’Armée du Maroc : « Jamais je n’oublierai cette date. La révolte était l’œuvre de généraux fascistes qui cherchaient à organiser une insurrection nationale en Espagne et à renverser le gouvernement de la république […] Toute forme de guerre est terrible, mais la guerre civile est la plus ignoble de toutes. Elle oppose le voisin au voisin, le frère au frère, le fils à son père. C’est là la nature de la guerre qui, pendant deux ans et demi, allait ravager mon pays bien-aimé et transformer la vie de tous les Espagnols en un cauchemar ininterrompu. Aucune mesure ne peut faire le compte des souffrances qu’endurèrent mes frères de sang »… Hitler et Franco à Hendaye le 23 octobre 1940 – Les dictateurs honnis par Pablo Casals. (DR) Casals est entré en résistance. Il constatera avec indignation la frilosité des Occidentaux –« l’histoire dira sûrement que le peuple espagnol a été le premier à prendre les armes contre Hitler. » En 1939, « écrasé par le désastre », il fera partie de ce demi-million de réfugiés qui franchiront les Pyrénées. « On aurait pu espérer que la France leur réserverait un accueil plein de respect et de compassion. Ce ne fut, hélas, pas le cas. » Un vieil ami de Barcelone lui parle d’un village en Catalogne française, « tout près des camps où se sont réfugiés tes compatriotes. Tu sais qu’ils ont besoin, terriblement besoin qu’on les aide ». Prades ! « Prades, qui aurait pu être « un village catalan de mon enfance. Je ne pouvais imaginer que je resterais dix-sept ans dans cette petite ville des Pyrénées. » Martha, l’épouse de Pablo Casals puis d’Eugene Istomin. Une grande dame de la musique (DR) Au nom de Bach Nouvelle épreuve en 1945, lorsque le Maître comprendra que la diplomatie primant sur les principes moraux, les Alliés, victorieux, allaient épargner Franco. Deuxième exil, excluant toute manifestation musicale publique. Cinq ans plus tard, il faudra toute la persuasion de l’ami Sacha Schneider pour que Casals reprenne, au nom de Bach et l’espace de quelques soirées, une vie publique : « Vous ne pouvez condamner votre art au silence. Si vous refusez de jouer en public dans les autres pays, permettriez-vous que nous venions ici et que nous donnions des concerts avec vous ? »… Ils sont venus et, pour Prades, le grand indigné s’est incliné. C’est en 1966, dans la basilique Saint Michel de Cuxa, que Casals, alors installé à Porto-Rico avec sa « bien aimée Martita », sa très jeune épouse, participera une dernière fois au Festival de Prades, à quelques mois de son quatre-vingt dixième anniversaire. Il succombera à une attaque cardiaque, le 22 octobre 1973, deux ans avant la mort du sinistre Franco. (Diapason – Chronique de décembre 2013) Pour combler votre curiosité J. Ma. Corredor : Conversations avec Pablo Casals (Albin Michel) Pablo Casals : Ma vie racontée à Albert E. Kahn (Stock Musique) Jean-Jacques Bedu : Pablo Casals – Un musicien, une conscience (Gallimard) Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason de septembre 2016 : « Ce jour-là, 14 décembre 1784 : Mozart entre dans la franc-maçonnerie »

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Compte-rendu, concert. Tannay, Tente du Festival. Les 25 et 26 août 2016. JS BACH, F. MARTIN, R. STRAUSS, SCHUMANN… R. Capuçon, E. Revaz

Compte-rendu, concert. Tannay, Tente du Festival. Les 25 et 26 août 2016. JS BACH, F. MARTIN, R. STRAUSS, SCHUMANN… R. Capuçon, E. Revaz. Depuis 2010, la petite ville de Tannay – située au bord du Lac Léman, à quelques encablures de Genève – propose un festival de musique classique à la fin août sous une tente qui offre une acoustique très satisfaisante. Certes moins connu que les prestigieux festivals de Lucerne, Montreux ou Gstaad, celui de Tannay vaut d’abord pour sa convivialité… et n’en invite pas moins des artistes de renommée internationale (cette année Vadim Repin, Andreï Korobeïnikov ou Renaud Capuçon), tout en mettant en avant la jeune génération (Edgar Moreau, Estelle Revaz ou Romain Leleu). Le Festival de Tannay acquiert ainsi peu à peu sa place dans le paysage musical suisse durant la période estivale. Deux (belles) soirées aux Variations Musicales de Tannay La première soirée à laquelle nous avons pu assister accueillait un invité régulier de Serge Schmidt (directeur-fondateur du festival et maire de la ville), le célèbre violoniste français Renaud Capuçon,placé à la tête de l’Orchestre de Chambre de Bâle. Le concert débute par une des pièces incontournables du corpus violonistique de Bach, le Concerto BWV 1041, dans lequel Capuçon fait valoir son jeu époustouflant et un phrasé fluide et subtil, tandis que se dégage de la formation suisse allemande une agréable fraîcheur, chaque instrumentiste jouant avec ferveur, énergie et engagement, sans jamais tomber dans l’excès. Le morceau qui suit sort résolument des sentiers battus (une autre des caractéristiques du festival) : le « Polyptique » pour violon et orchestre du compositeur suisse Frank Martin. Ecrite à l’intention et dédiée à Yehudi Menuhin, la partition fut créée par l’Orchestre de Chambre de Zürich en 1973, et s’inspire de la Passion du Christ… et de son propre Oratorio « Golgotha », composé en 1948. De moindre ampleur que l’ouvrage précité, le Polyptique n’en atteint pas moins la même intensité de pensée et d’émotion, à travers six images sonores d’un dramatisme bouleversant. Capuçon gratifie l’auditoire d’une interprétation en tout point digne de son illustre confrère et prédécesseur, et l’on aimerait que tout violoniste digne de ce nom manifeste autant d’éclectisme dans le choix des œuvres inscrites à son répertoire. Après l’entracte – où le public a loisir de se promener dans l’immense parc du château possédant des cèdres centenaires et jouissant d’une vue saisissante sur le lac et les Alpes françaises -, Richard Strauss est à l’honneur au travers de ses bouleversantes « Métamorphoses » pour 23 cordes. Composée en 1945, au lendemain de la guerre, et au soir de sa vie, l’œuvre raconte l’éclatement intérieur de celui qui n’était que musique, et dont la folie des hommes a détruit un à un les lieux où il avait connu une rare succession de triomphes : Berlin, Dresde, Vienne, Munich… Cet ultime chef-d’œuvre, d’une épure totale, est une lente confession faussement paisible que Capuçon et ses musiciens délivrent dans tout son déchirement et sa nostalgie. Le long silence qui suit est le meilleur des hommages que l’auditoire pouvait offrir tant à la partition qu’à ses défenseurs ce soir… Le lendemain, le festival invitait une enfant du pays, la violoncelliste suisse Estelle Revaz (27 ans). Après avoir fréquenté les conservatoires de Sion (sa ville natale), le CNSM de Paris et la Musikhochschule de Cologne, elle a gagné de nombreux prix internationaux, dont le « Prix Rotary » l’an passé au festival de Verbier. Pour l’accompagner, l’Orchestre du Festival de Tannay, composé de membres de l’Orchestre de la Suisse Romande, dont le contrebassiste solo Jonathan Haskell tient ce soir la baguette. Après avoir chauffé sa phalange avec l’Ouverture Egmont de Beethoven, interprétée avec une belle intensité dramatique, Estelle Revaz s”attaque aussitôt au Concerto pour violoncelle de Schumann. Composé alors que le musicien était victime d’hallucinations auditives, l’ouvrage ne fait aucune concession à la virtuosité, sans en être pour autant moins poignante. Ce qui séduit d’emblée chez cette jeune soliste, c’est sa grande capacité à se détacher de l’orchestre… malgré sa flagrante complicité avec le violoncelle solo de l’orchestre. D’une justesse quasi exemplaire, son jeu s’avère très proche du chant et, comme lui, est rythmé par les respirations de l’artiste. Après une première salve d’applaudissements, elle se jette dans la page la plus connue du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns : le Cygne. Revaz joue cette pièce avec un grand engagement artistique et une perception musicale particulièrement émouvante. Quel phrasé superbe ! La musicienne habite son archet avec une magnifique intensité, et elle récolte à nouveau de nombreux vivats. Après s’être remis de ses émotions dans la fraîcheur de la nuit tombante, le public est convié à entendre la Deuxième Symphonie de Beethoven, la plus optimiste du compositeur allemand. Haskell et l’Orchestre du Festival l’abordent avec joie et vitalité dans un premier mouvement à l’allure un peu martelée, mais à l’énergie communicative. Le larghetto est une belle illustration d’un Beethoven volontaire, qui avance droit et sans traîner, mais qui sait respirer et chanter avec un lyrisme apaisé. Joie de jouer ensemble, cela s’entend, dans les deux derniers mouvements : espiègle et enjoué dans le scherzo puis virtuose et fougueux dans un finale savoureux et puissant. Les festivals qui allie à un tel degré qualité artistique et convivialité ne sont pas légion, et Tannay est de ceux- là !






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24 août

Berlioz enfin prophète en son pays

Sassenage. 19-VIII-2016. Grande Ouverture festive au Château de Mélusine. Trio Journal Romantique (Carole Dauphin, alto ; Eriko Minami, piano ; Daniel Mesguich, comédien). Trio Verthé (Maria Nagao, violon ; Tomomi Hirano, violoncelle ; Masahoko Omori, piano). Hector Berlioz ( 1803- 1869) /Arthur Lavandier (né en 1987) : Symphonie fantastique pour orchestre sonorisé. Avec : Le Balcon, L'Ensemble à vent de l'Isère, Les Briançonneurs, direction : Maxime Pascal. La Côte-Saint-André. 20-VIII-2016. Église Saint-André. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Trios avec piano n° 1, 3, 10 et 5. François-Frédéric Guy, piano ; Tedi Papavrami, violon ; Xavier Phillips, violoncelle. Château Louis XI. Hector Berlioz (1803)-1869) : Les Francs-juges, Ouverture ; Les Nuits d'été ; Harold en Italie. Anne-Sofie von Otter, mezzo-soprano ; Adrien La Marca, alto. Orchestre Les Siècles, direction : François-Xavier Roth. La Côte-Saint-André. 21-VIII-2016. Église Saint-André. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Trios avec piano n° 2, 4 et 6. François-Frédéric Guy, piano ; Tedi Papavrami, violon ; Xavier Phillips, violoncelle. Château Louis XI. 21-VIII-2016. Hector Berlioz (1803-1869) : Roméo et Juliette. Julie Boulianne, mezzo-soprano ; Jean-Paul Fouchécourt, ténor ; Laurent Naouri, baryton-basse. Monteverdi Choir (chef de chœur : Dinis Sousa), National Youth Choir of Scotland, Orchestre Révolutionnaire et Romantique, direction : Sir John Eliot Gardiner.

La lettre du musicien (Comptes rendus)

23 août

Au Touquet, le piano fait des folies

Sur la Côte d’opale, Le Touquet-Paris-Plage accueille chaque année depuis huit ans un festival où le piano est roi, Les Pianos Folies. De l’édition 2016, foisonnante et jubilatoire, on retiendra nombre de moments forts.Remplaçant le pianiste chinois Muye Wu, la Bulgare Plamena Mangova a donné du Concerto de Grieg une leçon éblouissante de virtuosité habitée, culminant dans la cadence du premier mouvement, où elle fit admirer la diversité et la richesse de sa palette sonore. Dauphine d’Anna Vinnitskaia au concours Reine-Elisabeth 2007, sa sensibilité à fleur de peau émeut davantage que la sensualité débridée de son ancienne rivale, en symbiose parfaite avec le Chopin des Préludes, mais manquant de la simplicité nécessaire pour traduire l’univers des Scènes d’enfants de Schumann. Deuxième prix en 2013 du même concours, Rémi Geniet confirme sa jeune maturité et son affinité avec le Beethoven – des Sonates n°2 et 14 – tout en révolte contenu, préfigurant les audaces instrumentales du Prokofiev de la Huitième Sonate. Du “Chopin espagnol”, Granados, Guillaume Coppola restitue toute la poésie solaire et aristocratique par trois de ses Danses espagnoles et le virtuose Allegro de concert. Boris Berezovsky domestique son trop-plein d’énergie, déployé pour les Etudes d’exécution transcendante de Liszt, pour donner vie à l’animation colorée des Trois Mouvements de Petrouchka. Transcriptions toujours avec le duo Jatekok, Naïri Badal et Adélaïde Panaget, qui nous a proposé une mise à nu révélatrice des innovations harmoniques du Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy comme de la révolution rythmique du Sacre du printemps de Stravinsky. Dans l’esprit de rigueur de leur parrain spirituel, György Kurtag. David Kadouch évoque, avec une science consommée de la dynamique et de la couleur, les terreurs cachées dans les Waldszenen de Schumann avant l’implacable montée vers l’horreur du Gaspard de la nuit ravélien. Plus introspective peut-être, la version des mêmes Scènes de la forêt par Claire Désert, complétée par les Papillons et deux mélodies, Widmung et Frühlingsnacht, – miracles de transcriptions de Liszt –, brosse un portrait sans pathos des états d’âme schumanniens. On saluera enfin la production par la compagnie Opéra Côté chœur d’une Traviata de Verdi, dans une mise en scène intimiste de Bernard Jourdain, interprétée par de jeunes professionnels, issus pour la plupart de nos conservatoires supérieurs, à l’instar du chef d’orchestre Frédéric Rouillon et de la Violetta bouleversante de Dorothée Lorthiois. (13 au 21 août)

Ludwig van Beethoven
(1770 – 1827)

Ludwig van Beethoven est un compositeur allemand né le 16 décembre 1770 et mort le 26 mars 1827. Dernier grand représentant du classicisme viennois (après Gluck, Haydn et Mozart), Beethoven a préparé l’évolution vers le romantisme en musique et influencé la musique occidentale pendant une grande partie du XIXe siècle. Inclassable, son art s’est exprimé au travers différents genres musicaux, et bien que sa musique symphonique soit la principale source de sa popularité universelle, il a eu un impact également considérable dans l’écriture pianistique et dans la musique de chambre. Vers 1793, Haydn dit de lui « Vous me faites l’impression d’un homme qui a plusieurs têtes, plusieurs cœurs, plusieurs âmes ». Surmontant à force de volonté les épreuves d’une vie marquée par le drame de la surdité, célébrant dans sa musique le triomphe de l’héroïsme et de la joie quand le destin lui prescrivait l’isolement et la misère, il a mérité cette affirmation de Romain Rolland : « Il est bien davantage que le premier des musiciens. Il est la force la plus héroïque de l’art moderne ». Expression d’une inaltérable foi en l’homme et d’un optimisme volontaire, affirmant la création musicale comme action d’un artiste libre et indépendant, l’œuvre de Beethoven a fait de lui une des figures les plus marquantes de l’histoire de la musique.



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