Musique Classique en ligne - Actualité, concerts, bios, musique & vidéos sur le net.

Musique classique et opéra par Classissima

Ludwig van Beethoven

lundi 23 mai 2016


Classiquenews.com - Articles

Hier

CD, compte rendu critique. John Field : intrégrale des Nocturnes. Elizabeth Joy-Roe, piano (1 cd Decca 2015)

Classiquenews.com - Articles CD, compte rendu critique. John Field : intrégrale des Nocturnes. Elizabeth Joy-Roe, piano (1 cd Decca). L’ÂME IRLANDAISE AVANT CHOPIN : les CHAMPS ENCHANTEURS DE FIELD. On aurait tort de considérer l’anglo-saxon John Field (1782-1837) tel le précurseur inabouti de Chopin. L’irlandais, voyageur impressionnant, a certes inventé la forme éminemment romantique du Nocturne pour piano seul; il en a, avant Chopin, sculpter les méandres les plus ténues sur le plan expressif, trouvant une langue mûre, sûre et profonde assimilant avec un génie créatif rare, et la bagatelle (héritée de Beethoven) et la Fantaisie… La jeune pianiste Elizabeth Joy Roe trouve un délicat équilibre entre intériorité, fougue et pudeur dans un univers personnel et puissamment original qui verse constamment – avant Wagner et son Tristan empoisonné mais inoubliable, vers les enchantements visionnaires de la nuit ; nuits plus réconfortantes et intimes, plutôt vrais miroirs personnels et introspectifs que miroitements inquiétants ; la rêverie qui s’en dégage invite peu à peu à un questionnement sur l’identité profonde. Une interrogation souvent énoncée sur le mode suspendu, éperdu, enivré : ans un style rarement rageur et violent comme peut l’être et de façon si géniale, Chopin, d’une toute autre mais égale maturité. Voici donc 18 Nocturnes (l’intégrale de cette forme dans le catalogue de Field) sous les doigts d’une musicienne qui les a très longtemps et patiemment traversés, explorés, mesurés ; un à un, quitte à en réaliser comme ici, une édition critique inédite (à partir du fonds Schirmer). Dédiée au rêve nocturne de Field, la jeune pianiste américaine Elizabeth Joy Roe nous permet de poser la question : Et si Field était plus bellinien que Chopin ? La souplesse du jeu caressant montre la filiation avec le songe mélancolique de Schubert (n°1 en mi bémol majeur h24) et aussi le rêve tendre de Mozart. Le n°6 (“Cradle Song” en fa majeur h40) montre combien la source de Chopin fut et demeure Field dans cette formulationsecrètement et viscéralement inscrite dans les replis les plus secrets et imperceptibles de l’âme. Songes enfouis, blessures ténue, silencieuses, éblouissements scintillants… tout tend et se résout dans l’apaisement et le sentiment d’un renoncement suprême : on est loin des tensions antagonistes qui font aussi le miel d’une certaine sauvagerie et résistance chopiniennes; à l’inverse de ce qui paraît tel un dévoilement explicité, la tension chez Field, infiniment pudique, vient de la construction harmonique au parcours sinueux, jamais prévisible. Field sait aussi être taquin, chaloupé et d’un caractère plus vif argent : n°12 “Nocturne caractéristique” h13… avec sa batterie répétée (main droite) qui passe de l’espièglerie insouciante au climat d’un pur enchantement évanescent, plus distancié et poétique. La mélodie sans paroles (“song without words”) n°15 en ré mineur exprime un cheminement plus aventureux, d’une mélancolie moins contrôlée c’est à dire plus inquiète, mais d’une tension très mesurée cependant. La pudeur de Field reste extrême. Le n°16 en ut majeur (comme le n°17) h60 est le plus développé soit plus de 9 mn : d’une élocution riche et harmoniquement captivante, d’une finesse suggestive qui annonce là encore directement Chopin. L’expressivité filigranée de la pianiste américaine née à Chicago, élève de la Juilliard School, détentrice d’un mémoire sur le rôle de la musique dans l’oeuvre de Thomas Mann et Marcel Proust, cible les mondes souterrains dont la nature foisonnante se dévoile dans ce programme d’une activité secrète et souterraine irrésistible. Au carrefour des esthétiques et des disciplines, le goût de la jeune pianiste, déjà très cultivée, enchante littéralement chez Field dont elle sait éclairer toute l’ombre propice et allusive : ne prenez que ce n°16, certes le plus long, mais en vérité volubile et contrasté, véritable compilation de trouvailles mélodiques et harmoniques comme s’il s’agissait d’un opéra bellinien mais sans parole. Au mérite de la pianiste revient cette coloration permanente qui l’inscrit dans l’accomplissement d’un rêve éveillé, d’une nuit étoilée et magicienne à l’inénarrable séduction. Récital très convaincant. D’auant plus recommandable qu’il révèle et confirme la sensibilité poétique et profonde du compositeur pianiste irlandais. Et si Field se montrait plus Bellinien que Chopin ? L’écoute de ce disque habité, cohérent nous permet de poser la question. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai et juin 2016. CD, compte rendu critique. John Field : intégrale des Nocturnes (1-18). Elizabeth Joy Roe, piano (enregistrement réalisé dans le Suffolk, en septembre 2015). CLIC de CLASSIQUENEWS de mai et juin 2016. 1 cd DECCA 478 8189.

Classiquenews.com - Articles

Hier

Compte-rendu, concert. Toulouse, le 12 mai 2016. Weinberg,Prokofiev,Beethoven; Patricia Kopatchinskaja, Chamber Orchestra of Europe. Thierry Fischer

Le Chamber Orchestra of Europe a la particularité de se construire sur un désir toujours renouvelé. Lorsque sa création a été décidée en 1981, c’était afin de poursuivre l’aventure commune de certains membres issus de l’Orchestre des Jeunes de l’Union Européenne. 13 membres fondateurs sont toujours présents dans cet orchestre dont l’activité est vouée aux concerts, longues tournées, enregistrements, actions culturelles et éducatives dont une académie. Orchestre parmi les meilleurs au monde, ce n’est pas la perfection technique qui éblouit mais bien cette joie à faire la musique ensemble et à la partager avec le public. Dès la symphonie n°10 de Weinberg dédiée aux cordes, la sonorité soyeuse des violons, le mordant des contrebasses, le velouté des alto et la chaleur des violoncelles construisent une harmonie qui provoque une vive émotion. La partition de Weinberg est puissante et porteuse de vraies surprises. En apparence moins contestataire que son contemporain et ami Chostakovitch, la richesse de composition est marquée par une mélancolie et une profondeur rare avec de riches harmonies et une utilisation audacieuse du rythme. Le saisissement du premier mouvement est adouci par les deux mouvements centraux planants et flirtant avec le silence. Le fracas des deux mouvements ultimes va comme au bout de la saturation. La direction de Thierry Fischer est pleine de poésie et de sensibilité. Les qualités de soliste et de chambriste du flûtiste trouvent un aboutissement dans cette direction essentiellement basée sur une musicalité partagée avec l’orchestre, comme envoûté. L’entrée en scène modeste de la violoniste moldave Patricia Kopatchinskaja intrigue plus qu’elle ne séduit. Elle débute le Concerto complètement tournée vers l’orchestre après avoir déchaussé ses mules. Cette manière si peu orthodoxe de débuter un concert va se développer tout au long du Concerto, prouvant un tempérament musical rare et assumé. Sorte d’entité tellurique cherchant à s’élever, osant des accents roques et sauvages, elle sait donner à son jeu le réveil de quelque animalité de félin. Entre danse et incantation, le premier mouvement si spectaculaire semble passer trop rapidement. Le changement d’atmosphère du deuxième mouvement, longue cantilène du violon reposant sur un orchestre pacifié, permet à Patricia Kopatchinskaja des sonorités d’une délicatesse inouïe. Son legato est infini et le son mourant au bord du silence est féérique. Le félin se fait sensuel ; il devient subtilement amoureux de la beauté pure. Les audaces et folies rythmiques du final, la danse comme improvisée et toujours pieds nus, les connivences amicales avec les instrumentistes et le chef, le plaisir partagé font complètement oublier la difficulté diabolique de ce dernier mouvement. Thierry Fischer prouve une compréhension incroyable de la construction du Concerto comme une capacité à mettre en valeur le plus petit instant. La parfaite gestion des nuances permet à la violoniste d’oser beaucoup dans les extrêmes, poussant son instrument dans ses derniers retranchements. L’ovation du public est grandiose et les deux bis seront eux aussi très originaux et inattendus. Non pièce solo pour se faire admirer mais duos avec le premier violon puis le violoncelle solo avec qui la musicalité amicale semble au sommet. Pour de tels musiciens tout n’est que partage et don au public. La chaleur de ce désir a embrasé la Halle-Aux-Grains. En deuxième partie de concert, la 7ème symphonie de Beethoven a poursuivi ce voyage dans la musicalité la plus passionnée. Thierry Fischer est un grand chef capable de revisiter les chefs d’œuvre trop connus. La vigueur rythmique, les phrasés d’une délicatesse incroyables, les nuances poussées à l’extrême et surtout cette liberté laissée aux instrumentistes qui osent des sonorités comme lustrées, permet une écoute jubilatoire. La modernité de cette symphonie qui faisait entre autre l’admiration de Wagner a été éclatante. Oui un concert de la jubilation partagée avec le public de bout en bout. Une très belle soirée par de très Grands Interprètes! Compte-rendu, concert. Toulouse, Halle-Aux-Grains, le 12 mai 2016. Mieczyslaw Weinberg ; Serge Prokofiev (1891-1953); Ludwig van Beethoven; Patricia Kopatchinskaja, violon; Chamber Orchestra of Europe. Thierry Fischer, direction.




Classiquenews.com - Articles

Hier

Grand entretien avec Maude Gratton

Grand entretien avec MAUDE GRATTON, directrice artistique du Festival MUSIQUES EN GÂTINE, – premier festival de musique classique au printemps en Poitou. ACCOMPLISSEMENT. Dans la vie d’un soliste, claveciniste et pianofortiste, la rencontre et le travail avec un orchestre est déterminante. Voilà plusieurs années que la claveciniste et pianofortiste Maude Gratton jouait entourée de complices musiciens… une entente et un plaisir cultivés sur la durée que prolonge aujourd’hui un projet plus ambitieux dédié à Mozart. Pilotant le festival de printemps, Musiques en Gâtine, en Poitou, Maude Gratton réalise un rêve tenu caché depuis plusieurs années : constituer son propre orchestre et défendre des programmes qui consolident la complicité et le plaisir collectif ; ainsi est lancé cette année, son orchestre Il Convito. C’est un pari pour la jeune instrumentiste qui comme directrice du festival Musiques en Gâtine entend favoriser l’expérience musicale, ancrée loin des villes, où la musique classique doit toujours trouver, conquérir, fidéliser ses publics. Entretien avec une combattante de l’ombre dont le nouvel orchestre Il Convito porte toutes les espérances d’une belle âme musicienne… CLASSIQUENEWS : Pouvez-vous nous présenter le profil de votre orchestre Il Convito? MAUDE GRATTON : L’ensemble Il Convito a été fondé en 2005 sur des bases chambristes ; avec à mes côtés Stéphanie Paulet au violon, et Claire Gratton au violoncelle, nous avons parcouru plusieurs pays, au gré des programmes et des amitiés musicales nouées avec plusieurs invités selon les répertoires. Nous n’avions pas de fil rouge, que l’envie de travailler et le plaisir de partager de la belle musique ; ainsi, l’ensemble a existé pendant dix ans, discrètement. Ce sont de très bons souvenirs. Dix ans plus tard, j’ai décidé de de lui donner un second souffle ; avec les années, la question d’une responsabilité musicale se pose de manière plus aiguë, les projets s’affinent et deviennent plus engagés. Cet orchestre est le résultat d’une volonté personnelle de m’engager plus activement, mais aussi d’une énergie commune car j’ai été encouragée et soutenue dans cette démarche. Il y a une continuité entre le travail effectué en musique de chambre et ce qu’il va se passer au sein d’un effectif plus important, j’espère sous la forme de projets réguliers et variés dans les années à venir. Un dénominateur commun est le fait que je sois au clavier : les programmes se forment autour d’un grand orgue, d’un clavecin ou d’un pianoforte, et j’envisage la « direction » musicale tout simplement à partir du clavier. CLASSIQUENEWS : Quelles sont les qualités qui forment son identité artistique et sonore? MAUDE GRATTON : Ce premier projet d’orchestre rassemble vingt musiciens qui ont déjà l’habitude de travailler ensemble ; les chefs de pupitre sont les membres du quatuor Edding, d’autres musiciens faisaient déjà partie du Convito avant ce rendez-vous Mozart ; les instrumentistes à vent sont pour la plupart des amis avec lesquels le quatuor ou moi-même avions des projets communs réguliers. Il ne s’agit pas d’un nouvel orchestre, mais plutôt d’une suite, qui arrive de façon naturelle en 2016, chacun apportant son expérience. L’emploi des instruments historiques ne serait qu’une réponse mitigée : ils sont certes bien présents, mais le travail de fond se situe bien au-delà. CLASSIQUENEWS : En quoi le programme Mozart est il emblématique de votre démarche avec vos musiciens et partenaires interprètes ? MAUDE GRATTON : Les instrumentistes concernés sont habitués à jongler entre différents types d’instruments, baroques, classiques, romantiques… Moi-même je navigue entre le clavecin, le pianoforte, l’orgue, les répertoires anciens, romantiques ou contemporains… C’est le quotidien, je crois, de beaucoup de musiciens d’aujourd’hui. J’essaye de pousser ma curiosité, de repousser petit à petit les limites de mes possibilités techniques et physiques, car je n’ai pas de formation de pianiste à l’origine. Un premier projet d’orchestre se devait d’être porté par un immense compositeur. Le génie lumineux de Mozart nous rassemble tous ; cela nous a permis d’imaginer un programme glissant du Concerto à l’Opéra, de mettre en lumière cette vocalité qui nous est chère, et de nous retrouver au sein de cette période d’effervescence créatrice qu’est la fin du XVIIIè siècle. On est souvent tenté de vouloir nommer et délimiter des courants historiques, ou de ranger les musiciens dans des cases qui semblent leur convenir ; pourtant les termes baroque, classique ou romantique, semblent n’avoir finalement aucune définition exacte tant ils ont de définitions possibles, et rien n’est figé dans l’apprentissage musical et instrumental s’il est porté par la curiosité et le goût de la découverte. C’est cette « confusion » qui m’intéresse, car elle peut être porteuse d’un travail passionnant, et la musique de Mozart est un formidable pour cela. “La musique classique est une catégorie qu’il faut oublier” CLASSIQUENEWS : Qu’est-ce qui fonde le lien entre les différents programmes que vous présentez dans le cadre du festival Musiques en Gâtine ? MAUDE GRATTON : Le travail de direction artistique d’un festival m’a appris avec les années à prendre davantage soin du lien à tisser avec le public. Je me suis rendue compte qu’une programmation était un équilibre subtil dont les ingrédients devaient être soigneusement choisis, et que les choix n’était pas anodins : il s’agit en effet de défendre un accès à la culture en-dehors des grandes villes, d’encourager un jeune public à se déplacer, de montrer que la culture peut rassembler encore, et toujours. Je n’ai pas souhaité tisser un fil rouge évident tout au long du festival, mais plutôt faire voyager le public d’un univers à un autre, en lui donnant des clefs autant que je le pouvais, notamment grâce aux rencontres d’avant et d’après-concerts avec les musiciens ou avec d’autres intervenants comme le luthier Charles Riché, ou l’historienne d’Art Anne Bernadet Delage. Pour faire tomber certaines barrières qui peuvent être un frein, j’essaye d’amener le public à découvrir comment la musique contemporaine peut s’écouter bien plus facilement qu’on ne le croit, ou que musique populaire et musique savante se sont pendant longtemps entremêlées bien plus qu’il n’y paraît ; en bref, la musique « classique » n’est qu’une catégorie qu’il faut oublier ! CLASSIQUENEWS : Quels sont vos projet pour le futur ? Maude Gratton : J’ai envie de continuer à enregistrer ; je suis née entourée de disques, je continue à en acheter. Même si c’est parfois une épreuve de se retrouver derrière les micros, cela reste avec un peu de recul, un formidable enseignement. En projet, bientôt, un disque de clavecin, car cela fait aussi longtemps que je ne me suis pas retrouvée seule avec l’instrument. Avec le Convito, il s’agit de poursuivre la lancée de ce premier projet d’orchestre ; la période du milieu du XVIIIè au début du XIXè siècle est passionnante, avec à son cœur, cette opposition complexe entre Lumières et contre-Lumières. Je rêve aussi de pouvoir jouer un jour un Concerto pour piano de Beethoven ; mais je n’exclus pas pour autant les projets consacrés au répertoire des XVIè et XVIIè siècles. Propos recueillis en mai 2016.

Les blogs Qobuz

20 mai

Le retour du vinyle – Braderie à Radio France – Du gamelan de Java à la musique du Nô – Un Rameau à 200 € – Un salut à Edison

Charles Cros (1842-1888), poète et inventeur du « paléophone » – avec la reconnaissance éternelle des discophiles (DR) Avez-vous gardé vos vieux disques ? Je veux dire vos vinyles, ces galettes noires que la moindre poussière méchamment accrochée à un innocent sillon faisait sauter, ces plaquettes glissées dans des pochettes élégantes, parfois suggestives – je me souviens des propos du directeur d’une société discographique : « Pour vendre un disque, il faut de la trompette ou du rouge sur la pochette » ; c’était le temps où il y avait encore des vitrines de disquaires, je veux dire, des disquaires… Oui, êtes-vous l’un de ces amateurs qui m’a appelé à l’arrivée du CD : « J’ai des dizaines de vieux disques, comment m’en débarrasser ? » Et je n’ai pas répondu : gardez-les ! La toquade du mélomane À l’époque, personne n’imaginait que ces plaquettes d’un autre temps, dont tout le monde vantait avec nostalgie, la présence, la vibration spéciale, feraient le bonheur des mélomanes trente ans plus tard. Or, des vinyles reparaissent dans les bacs de quelques grandes surfaces, les matériels adaptés que l’on avait un peu vite enterrés sont de nouveau disponibles. Bref, le vinyle est la dernière toquade du mélomane. Vous ferais-je rêver en vous apprenant que la discothèque de la Maison de la Radio conserve 450.000 de ces vinyles dans ses réserves ? Mais comme Radio France connaît actuellement quelques soucis financiers, la direction a décidé d’éponger un peu (un tout petit peu) son déficit en mettant sur le marché une petite (une toute petite partie) de son stock : en tout, 8.000 vinyles répartis en 424 lots, allant du classique à la chanson, en passant par les musiques de films, le rock n’roll, la poésie et les « musiques du monde » – ah ! Cette collection Ocora, chère à mon cœur où vous pouvez vous plonger grâce au lot 175 : 35 disques, gamelans de Java, musique du Nô… Cette discothèque, où je suis souvent allé plonger – belle époque où le producteur n’avait pas à remplir trente-six formulaires pour trouver son bonheur… © Radio France/Christophe Abramowitz Pour corser l’affaire, Radio France a décidé d’organiser, sous le contrôle de quelques professionnels reconnus, une vente aux enchères, laquelle aura lieu le dimanche 19 juin à partir de 14 heures dans ce brave Studio 104 que j’avais cru bon de rebaptiser Salle Olivier Messiaen à la mort du compositeur et que mes successeurs ont préféré renvoyer à son anonymat… Le point de référence On commencera par un premier lot de quatre disques (bruitage d’automobiles Peugeot, et même d’une Cadillac de 1918). Puis, au-delà des estimations, on suivra avec attention les différentes cotes, dont on sait qu’elles sont totalement indépendantes des qualités musicales, de la notoriété et du talent du compositeur et/ou de l’interprète. Comme pour la philatélie, la rareté demeure le point de référence. J’ai parcouru le catalogue, que vous pouvez consulter sur www.art-richelieu.fr , et les merveilles défileront… Personnellement, je suis tombé en arrêt devant le lot 321 : un 33 tours de Rameau par Marcelle Meyer (de 100 à 200 €) ; également, devant ce disque de la violoniste Michèle Auclair, qui fut la première lauréate du Concours Long-Thibaud, section violon, alors que le lauréat piano était Samson François, à l’époque son compagnon… Michèle Auclair, dans Debussy et Ravel sous le fameux label Discophiles français – ce souvenir devrait vous coûter entre 600 et 800 €. Stupéfiant, ce 33 tours de la violoniste hongroise Johanna Martzy (1924-1979) sous étiquette jaune qui, au service de Beethoven et de Mozart, pourrait atteindre les 1.500 € ! Cette discothèque, où je suis souvent allé plonger – belle époque où le producteur n’avait pas à remplir trente-six formulaires pour trouver son bonheur… © Radio France/Christophe Abramowitz Quant au lot 325, il me plonge dans d’éternels regrets ; cette pianiste oubliée, dont deux disques Chopin sont estimés aujourd’hui entre 1.000 et 1.200 €, c’est la française Youra Guller (1895-1980) qui vint me solliciter lorsque je fus en charge fugitivement des disques Véga, et que j’ai bêtement laissé filer « l’interprète inégalée des dernières sonates de Beethoven », selon Romain Rolland. Bref, un très grand talent que je n’ai même pas pris la peine d’écouter ! Si vous préférez Lili Kraus, trois disques (Mozart et Schubert) pour 50 à 100 €, c’est cadeau ! Mais on a aussi en magasin une solide ration de Pierre Henry en neuf disques (de 150 à 300 €). À l’heure de la compil’ Pour ma part, étant un conservateur endurci, j’ai conservé et classé mes quelques milliers de vinyles que je n’écoute pas tous les jours, certes, mais qui continuent, à l’occasion, à me ravir. Aujourd’hui, nous sommes à l’heure de la « compil », tout Rubinstein, ou tout Menuhin… C’est nettement moins poétique et je ne suis pas persuadé que ces « compil » deviendront objets de collection. 1879 – La première ampoule électrique de Thomas Edison Faites donc votre marché à la Maison de la Radio le mois prochain, avec une petite pensée pour le poète français qui, au même moment que l’Américain Thomas Alva Edison, inventa l’enregistrement sonore : Charles Cros, un habitué du Chat Noir qui, selon les mots de son ami Paul Verlaine, « mourut dans la plus honorable mais la plus déplorable pauvreté. » Quant au mot « phonographe », il fut employé pour la première fois par l’abbé Lenoir, dans La Semaine du Clergé, numéro du 10 octobre 1877… Lorsque l’Américain Edison déposa en France, la même année, une demande de brevet pour un instrument de reproduction du son, Charles Cros, beau joueur, s’écria : « Puisque M. Edison est l’inventeur du phonographe, eh bien ! gloire à M. Edison »… Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason de mai 2016 : « Ce jour-là, 29 mars 1964 : le dernier concert public de Glenn Gould »



Classiquenews.com - Articles

19 mai

Médée de Cherubini

Nice, Dijon. Médée de Cherubini. 13-22 mai 2016. Deux productions simultanées de Médée de Cherubini offrent deux visages d’autant plus différents et complémentaires, qu’il s’agit à Nice de Medea, soit l’opéra en version italienne, et à Dijon de … Médée, en version française avec nouveaux dialogues parlés, réécrits par Jean-Yves Ruf. A Dijon, Jean-Yves Ruf met en scène sa déjà 7è proposition pour un spectacle lyrique, cherchant pour sa part un mixte homogène et cohérent entre théâtre, orchestre et chant… A son actif : Elena de Cavalli à Aix (2013), l’une des lectures du labyrinthe vénitien de l’amour, sensuel et délirant, troublant et sauvage, parmi les plus convaincantes de l’opéra baroque. L’opéra Médée de Luigi Cherubini créé en 1797, à l’extrémité du XVIIIè, semble résonner des tumultes révolutionnaires de la terreur, l’héroïne, Médée, incarnant cet idéal exacerbé de sacrifice et de cruauté infanticide qui vibre au diapason d’une période de l’histoire française particulièrement sanguinaire et violente. La lecture de Cherubini grâce à une humanisation considérable du mythe légué par Euripide et Sophocle, et aussi Corneille, grâce à une musique exaltante qui souligne par répétition, l’obsession d’une nature marquée par l’enfermement et la profonde solitude, offre aux côtés de la mère criminelle, au-delà de tout pardon, la femme amoureuse trahie, détruite, entre amour et haine, impuissance et vengeance. L’opéra de Cherubini fait la synthèse de toutes les héroïnes fortes qui ont marqué jusque là les tragédies lyriques : Armide, Alcina… toutes les enchanteresses aimantes qui face à l’amour ont essuyé échec, dépit, amertume, désespoir. Rôles “à baguette”, les personnages ont peu à peu affirmer sur la scène, du règne de Louis XVI à la Révolution, une nouvelle figure féminine déchirée touchante par la profondeur de son impuissance. Alors Médée victime d’un Jason lâche et vil ? Pas si simple. Car la vision du héros est ici plus politique que passionnelle et sentimentale… Comme l’Armide du Renaud de Sacchinni, Médée est une âme déjà romantique qui annonce Beethoven et se rapproche de Méhul. Et les mises en scène les plus justes, écartant les caricatures et raccourcis réducteurs, nuancent plutôt chaque profil psychologique. Pour mieux rendre actuel l’enjeu de l’opéra de Cherubini, JY Ruf à Dijon a banni les dialogues parlés originels écrits par François-Benoît Hoffman, et préfère réécrire ses propres textes dramatiques. Nice, Opéra Medea, version italienne Les 13, 17, 19, 22 mai 2016 Petrou, Montavon Dijon, Opéra Médée de Cherubini, 1797 version française de l’opéra Jean-Yves Ruf, mise en scène Les 17, 19 et 21 mai 2016 Illustrations : Portrait officiel de Luigi Cherubin par Ingres / Médée s’appâtant à tuer ses enfants pour se venger de Jason par Delacroix

Classiquenews.com - Articles

19 mai

Festival de Gstaad 2016

GSTAAD, Festival (Suisse). 14 juillet – 3 septembre 2016. “Musique et famille”. Pour ses 60 ans, le festival à l’air pur propose 70 concerts en 2016… Cette année le festival estival suisse joue la carte des fratries et des familles musicales : qu’il s’agisse des compositeurs évoqués en “familles musiciennes, en dynasties enchanteresses”, ou des interprètes invités en 2016, place donc aux filiations directes, surtout frères et sœurs que la musique accompagnent leur vie durant dans la complicité et le partage artistique, … le festival 2016 selon le souhait de son directeur Christoph Müller (depuis 2002), met l’accent sur les complicités irrésistibles : ainsi les soeurs Khatia & Gvantsa Buniatishvili, Katia & Marielle Labèque…, les frères Kristjan et Neeme Järvi, la dynastie des clarinettistes Ottensamer, les frères Janoska … Fondé en 1957 par le violoniste légendaire Yehudi Menuhin dont 2016 marque le centenaire, le festival de Gstaad dans les Alpes Suisses sait accorder la splendeur des sites naturels à la passion des musiciens qui le font vivre chaque été. C’est selon le voeu de Yehudi Menuhin, une expérience unique au monde pour le public et les artistes acteurs, venus du monde entier jouer, partager, approfondir les œuvres autour de valeurs clés : exigence, amitié, détente… A l’été, 70 concerts résonneront jusqu’aux cimes enneigées : récitals, musique de chambre, concerts symphoniques, à l’église de Saanen ou sous la tente du festival, silhouette désormais emblématique de l’événement estival. Festival de Gstaad 2016… La musique en famille SCENE ORCHESTRALE. Aux côtés des programmes plus intimistes, d’ores et déjà les rendez vous orchestraux (établis depuis 1989) sont très attendus, offrandes exaltantes nées de l’entente entre les instrumentistes et leur chef …à forte personnalité. Pas moins de quatre grandes phalanges viendront à Gstaad en 2016: Giovanni Antonini & le Kammerorchester Basel, Valery Gergiev & le Marijnsky Theatre Orchestra St. Petersburg, Riccardo Chailly & le Filarmonica della Scala Milano, Gianandrea Noseda & le London Symphony Orchestra… Côté récitals de grands solistes, ou tempéraments à suivre absolument, ne manquez pas l’extrême sensibilité virtuose de Maria João Pires, Daniel Hope, Lang Lang, Gabriela Montero, Sir András Schiff, Patricia Kopatchinskaja, Sol Gabetta, Bryn Terfel, Anja Harteros, Fazil Say, Maxime Vengerov, Diane Damrau, Bertrand Chamayou, Renaud Capuçon, Philippe Jaroussky, Valery Sokolov, Didier Lockwood ou le geste incandescent et intérieur du Quatuor Ebène… TEMPS FORTS. Parmi les nombreux temps forts, soulignons entre autres, le concert du violoniste Daniel Hope, habitué de Gstaad comme de l’Oberland bernois, et surtout héritier et ancien élève de Yehudi Menuhin auquel il a rendu hommage dans un récent cd édité chez Deutsche Grammophon (“Daniel Hope… my tribute to Yehudi menuhin” : oeuvres de Mendelssohn, Reich, Vivaldi, Henze, Taverner, Elgar…)… son concert du 24 juillet reprend en partie les pièces jouées dans l’album discographique (avec l’Australian chamber orchestra). Parmi les autres hommages à Menuhin : Requiem de Mozart par Paul McCreesh (les 15 et 16 juillet), les 3 récitals d’Andras Schiff les 20, 23, 25 juillet), le concert de clôture “Happy Happy Birthday Yehudi” avec Gilles Apap, Valery Sokolov, Didier Lockwood… l’Orchestre Symphonique de Berne sous la direction de Kristjan Järvi (le 3 septembre)… Les amateurs de musique de chambre apprécieront en particulier le Gala Beethoven à deux (Maria Joao Pires et Sol Gabetta, le 17 juillet), Louis Schwizgebel-Wong (le 3 août), les soeurs Bunitaishvili (le 4 août), les membres du Quatuor Ebène (le 8 août : “Confidences d’Isis et d’Osiris”, Haydn, Debussy, Beethoven…), Bertrand Chamayou et la suite de son Projet Ravel (le 16 août) ; les chefs d’oeuvre viennois défendus par Isabelle Faust, Jean-Guilhen Queyras et Alexander Melnikov, le 26 août… Les festivaliers plus lyricophiles ou amateurs de beau chant ne manqueront pas entre autres : récital d’Arabella Steinbacher, le 28 juillet ; concert de lieder et mélodies de R. Strauss et Dvorak par Diana Damrau et Xavier de Maistre, le 14 août ; Philippe Jaroussky et son ensemble Artaserse le 25 août ; le Gala Opera (avec Anja Harteros, Bryn Terfel sous la direction de Gianandrea Noseda, le 28 août)… Le thème de la famille n’est pas seulement à Gstaad une affaire de musiciens ou d’instrumentistes ; il s’agit aussi d’évoquer les clans et dynasties de compositeurs. Ainsi, la Dynastie Bach (Jean Rondeau, le 18 juillet), la famille Mozart (Gabriela Montero, le 26 juillet)… et aussi un très intéressant programme (évoquant les Schumann et le jeune Brahms, si proches) : Clara, Robert et Johannes, les 22, 23 juillet, autre volet de la série “Musique et Famille”… ; sans omettre une évocation de la famille Mendelssohn (Katia Bunitaishvili, Renaud Capuçon, orchestre de chambre de Bâle, le 17 août)… PEDAGOGIE, TRANSMISSION… une expérience musicale unique à partager. Gstaad ce n’est pas seulement des têtes d’affiche exaltantes, à applaudir le temps d’un concert ; ce sont aussi surtout des tempéraments taillés pour la transmission et l’exercice pédagogique : d’ineffables moments de partage, d’apprentissage, d’explication et d’approfondissement, vécus entre maîtres et élèves. Gstaad, par la volonté de son fondateur Yehudi Menuhin dont l’intelligence pédagogique reste exemplaire, un modèle pour tous, enseigne ainsi à plusieurs profils de musiciens, dont les jeunes chefs qui demain seront les baguettes les plus convaincantes… Ainsi le concert des écoliers du Canton de Berne, entre 10 et 18 ans, appelés à travailler la 9ème Symphonie de Beethoven (Tente de Gstaad, le 2 septembre 2016), sans omettre les Académies du Festival (Gstaad String Academy, concert de clôture, le 15 août ; Gstaad Conducting Academy, le 17 août ; Gstaad Vocal Academy, concert de clôture, le 28 août ; Gstaad baroque Academy, Maurice Steger, concert de clôture le 3 septembre), comme les nombreux concerts pour les enfants et les familles (Beethoven4all, The Pumpernickel company, le 2 septembre). Musique de chambre, concert choral sacré, programmes symphoniques, sans omettre la voix comme les grands moments de partage et de dépassement, prolongements des séries pédagogiques, … toutes les musiques et les expériences musicales sont à vivre à Gstaad, cet été, en famille, dès le 14 juillet, et nul part ailleurs. Gstaad Menuhin Festival & Academy. “Musique et Famille” : du 14 juillet au 5 septembre 2016. Toutes les infos et les modalités de réservation sur le site du Festival de Gstaad.

Ludwig van Beethoven
(1770 – 1827)

Ludwig van Beethoven est un compositeur allemand né le 16 décembre 1770 et mort le 26 mars 1827. Dernier grand représentant du classicisme viennois (après Gluck, Haydn et Mozart), Beethoven a préparé l’évolution vers le romantisme en musique et influencé la musique occidentale pendant une grande partie du XIXe siècle. Inclassable, son art s’est exprimé au travers différents genres musicaux, et bien que sa musique symphonique soit la principale source de sa popularité universelle, il a eu un impact également considérable dans l’écriture pianistique et dans la musique de chambre. Vers 1793, Haydn dit de lui « Vous me faites l’impression d’un homme qui a plusieurs têtes, plusieurs cœurs, plusieurs âmes ». Surmontant à force de volonté les épreuves d’une vie marquée par le drame de la surdité, célébrant dans sa musique le triomphe de l’héroïsme et de la joie quand le destin lui prescrivait l’isolement et la misère, il a mérité cette affirmation de Romain Rolland : « Il est bien davantage que le premier des musiciens. Il est la force la plus héroïque de l’art moderne ». Expression d’une inaltérable foi en l’homme et d’un optimisme volontaire, affirmant la création musicale comme action d’un artiste libre et indépendant, l’œuvre de Beethoven a fait de lui une des figures les plus marquantes de l’histoire de la musique.



[+] Toute l'actualité (Ludwig van Beethoven)
25 oct.
Classiquenews.com...
23 oct.
Resmusica.com
23 oct.
Le blog d'Olivier...
22 oct.
Classiquenews.com...
20 oct.
Blogue Analekta
19 oct.
Le blog d'Olivier...
19 oct.
Classiquenews.com...
17 oct.
Jefopera
15 oct.
Classiquenews.com...
14 oct.
Resmusica.com
12 oct.
Classiquenews.com...
12 oct.
Sphère Wordpress
10 oct.
Resmusica.com
8 oct.
Le blog d'Olivier...
7 oct.
Le blog d'Olivier...
7 oct.
La lettre du musi...
5 oct.
Classiquenews.com...
4 oct.
Classiquenews.com...
2 oct.
Les blogs Qobuz
2 oct.
Classiquenews.com...

Ludwig van Beethoven




Beethoven sur le net...



Ludwig van Beethoven »

Grands compositeurs de musique classique

Symphonie Film Lettre à Elise Héroïque Concertos

Depuis Janvier 2009, Classissima facilite l'accès à la musique classique et étend son audience.
Avec des services innovants, Classissima accompagne débutants et mélomanes dans leur experience du web.


Grands chefs d'orchestre, Grands interprètes, Grands artistes lyriques
 
Grands compositeurs de musique classique
Bach
Beethoven
Brahms
Debussy
Dvorak
Handel
Mendelsohn
Mozart
Ravel
Schubert
Tchaïkovsky
Verdi
Vivaldi
Wagner
[...]


Explorer 10 siècles de musique classique ...