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Musique classique et opéra par Classissima

Ludwig van Beethoven

dimanche 22 janvier 2017


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20 janvier

Le blog-notes de Claude Samuel Lettre à l’Immortelle bien-aimée – Berlioz, Mozart, Poulenc, Debussy – Emile Goué, l’oublié – « Les petits nègres de Saint-Saëns » – L’ananas

Les blogs Qobuz Avec ses outrances et sa mégalomanie, Berlioz fut un morceau de choix pour les caricaturistes, dont Etienne Carjat qui s’est régalé avec notre Hector national.… Nous savons bien, et plus encore en cette période de vœux, que le mail et le sms se sont définitivement substitués à la lettre (ou carte) manuscrite. C’est sans doute une bonne nouvelle pour la communication mais sûrement pas pour la préservation de la mémoire. Comment sera sauvegardée la lettre à l’Immortelle bien-aimée de l’avenir, alors que l’on relit et commente encore celle de la main de Beethoven, quoiqu’on ne sache toujours pas avec certitude à laquelle de ses bien-aimées il avait destiné l’original… ? Or les correspondances des musiciens, outre le fait qu’elles contribuent à la meilleure connaissance de la vie d’un créateur, percent, parfois en toute impudeur, son intimité, et certaines d’entre elles sont particulièrement réjouissantes ; je songe à la correspondance de Berlioz, grand épistolier devant l’Eternel, à Mozart qui parlait cru et dont la lecture des sept volumes est un vrai bonheur, à Francis Poulenc, le plus brillant de nos musiciens prosateurs contemporains, à Claude Debussy surtout, dont mon ami François Lesure annota jadis les quelque deux mille cinq cents lettres pour les Editions Gallimard — correspondances toujours en devenir. J’en vois la meilleure preuve en notant la mise en vente récente d’une lettre inconnue de Debussy à Louis Barthou, homme politique marquant de la IIIe République qui sera une victime collatérale de l’assassinat à Marseille d’Alexandre 1er, roi de Yougoslavie. Dans cette lettre manuscrite datée du 17 janvier 1916 (estimée avant les enchères à 6.300 €), Claude Debussy intervient en faveur de Raoul Bardac, son beau-fils mobilisé, qui souhaite être rattaché à l’armée anglaise. Je ne dis pas que ce genre de lettres est essentiel pour enrichir nos connaissances — au lecteur de faire le tri ! Emile Goué (1904-1946), victime de la seconde guerre mondiale En ce domaine, la fournée éditoriale proposée au prochain Prix des Muses (lequel bénéficie désormais de la belle visibilité de France Musique) est intéressante. Elle ressuscite, sous l’enseigne de L’Harmattan, un compositeur très oublié, Emile Goué (devoir familial de mémoire, je suppose) qui, au cours de la dernière guerre, informe régulièrement son épouse, sa « chère petite reine », des aléas de son existence quotidienne. Prisonnier, comme Olivier Messiaen, mais pendant une période nettement plus courte, il continuera, lui aussi, à composer derrière les barbelés. La facture d‘une œuvre Oflag XB, le 29 février 1944 : « Le premier mouvement de mon Quintette est terminé pratiquement. Je l’ai énormément travaillé depuis quatre mois ; mais je me rends de plus en plus compte combien les conditions matérielles et morales conditionnent la facture d’une œuvre ». Qu’en aurait dit l’auteur du Quatuor pour la fin du Temps ? Plus conséquente, sinon très passionnante, voici la correspondance échangée de 1913 à 1921 entre Camille Saint-Saëns et Jacques Rouché, qui fut le patron de l’Opéra de Paris pendant trente-deux ans. Une correspondance où l’on parle souvent boutique. Rouché, avant la reprise d’Henry VIII : « Voyez Mlle Borel : sa voix est belle, mais il faut la faire travailler. » Réponse de l’auteur : « Certainement, mon cher directeur, elle a une belle voix ; mais elle chevrote horriblement. Dans les moments de déclamation dramatique, cela passe encore ; mais quand il arrive une phrase mélodique, elle est saccagée. » Et l’auteur aura gain de cause ! Jacques Rouché (1862-1957) passa bientôt des Parfums Piver dont il avait épousé l’héritière, au Palais Garnier où il fit merveille. Les petits nègres Plus loin, Saint-Saëns s’intéresse au « ballet des petits nègres… réglé à ravir, mais pourquoi ces nègres sont-ils blancs ? Est-ce par économie ? » L’ouvrage est finement présenté par Marie-Gabrielle Soret, conservateur au Département de la Musique de notre Bibliothèque nationale, et commissaire de l’actuelle exposition Messiaen « Un génie au travail » sur le site François-Mitterrand dont j’aurais sûrement l’occasion de reparler. Enfin, l’un des derniers ouvrages que je viens de recevoir pour les Muses 2017, publié par Actes Sud et, comme le précédent, par la Fondation La Poste, ce qui est bien normal, regroupe de nouvelles lettres de Berlioz, de sa famille et de ses contemporains, dont ce billet du compositeur à Richard Wagner, daté du 27 mai 1860 : « Mon cher Wagner, on vient de m’envoyer un très bel ananas de Rio (de) Janeiro, venez dîner avec nous demain lundi à 6 heures. » Et nous apprenons ainsi que l’auteur des Troyens appréciait ce fruit exotique. Ce qui, vous en conviendrez, méritait naturellement de passer à la postérité… Un dernier mot relatif à la confidentialité de certains propos : pas de censure ! Si certains compositeurs (écrivains, peintres, hommes politiques) ne tiennent pas à divulguer leurs passions intimes ou leurs désirs inavouables, il ne tient qu’à eux de détruire, quand il en est encore temps, lesdites pièces à conviction… Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason de janvier 2017 : « Ce jour-là, 1er juillet 1905 : Gabriel Fauré nommé directeur du Conservatoire de Paris »

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19 janvier

LILLE. L’Amour et la danse par Jean-Claude Casadesus, volet II

LILLE. Jean-Claude Casadesus. L’Amour et la danse, II. 19-25 janvier 2017. Le volet 1 de ce cycle événement, s’achevait avec la dernière note, lumineuse, soutenu au piccolo, celle de l’espérance après la déflagration d’une impitoyable machine à broyer, précipitant la mort de Roméo et de Juliette (version Prokofiev : lire notre compte rendu du concert L’Amour et la danse I, le 1er décembre 2016). Dans ce volet 2, Jean-Claude Casadesus retrouve ses chers instrumentistes de l’Orchestre national de Lille, abordant d’autres rivages où la danse là encore, inspire d’étonnants mondes symphoniques. C’était le cas du ballet Roméo et Juliette de Prokofiev, c’est assurément la nature partagée du Poème de l’Extase – créé à New York en mars 1907, d’un Scriabine (1872 – 1915) aux confins des constellations visibles et connues : l’écriture orchestrale étant pour lui, le moyen et la langue d’une exploration sonore jamais tentée avant lui. Sensuel et mystique, le moscovite Scriabine réalise alors, l’un de ses poèmes pour orchestre les plus inspirés et les plus personnels, emblématique de toute sa recherche spirituelle… D’abord imaginé comme sa possible 4è Symphonie, le Poème de l’extase qui précède Prométhée (1909), appartient aux derniers drames symphoniques de Scriabine qui ensuite jusqu’à sa mort en 1915, ce composera plus que pour l’instrument dont il est virtuose, le piano. Le Poème de l’extase (inititalement intitulé « Poème orgiaque »), reprend le concept messianique de la musique visionnaire et prophétique telle que l’a défendu avant lui Wagner : la musique permet à l’humanité d’accéder à un niveau de connaissance et de conscience, supérieur ; le compositeur étant le guide de cette quête spirituelle partagée. Le guide comme le catalyseur, celui qui en provoque l’accomplissement comme la révélation. Dans le programme rédigé par ses soins, Scriabine précise son intention : « Je vous appelle à la vie, forces mystérieuses, Noyées dans les profondeurs obscures de l’esprit créateur, Timides ébauches de la vie, A vous, j’apporte l’audace. » EN LIRE + : lire notre présentation complète du concert Poème de l’Extase à Lille, par Jean-Claude Casadeus et l’Orchestre national de Lille, 19-25 janvier 2017 BEETHOVEN Triple concerto pour violon, violoncelle et piano Piano : François-Frédéric Guy
Violon : Tedi Papavrami
Violoncelle : Xavier Phillips R. STRAUSS Salomé : Danse de Salomé SCRIABINE Poème de l’Extase Orchestre national de Lille Jean-Claude Casadesus, direction ______________________ POÈME DE L’EXTASE CYCLE L’AMOUR ET LA DANSE, ÉPISODE 2 Jeudi 19 janvier 2017, 20h Vendredi 20 janvier 2017, 20h LILLE, Auditorium du Nouveau Siècle RÉSERVEZ VOTRE PLACE Programme repris ensuite : à Grande-Synthe, le 21 janvier 2017, 20h à La Rochelle, les 24 et 25 janvier 2017, 20h AUTOUR DU CONCERT LEÇON DE MUSIQUE Avec Hèctor Parra, compositeur en résidence “Des sons et des couleurs en musique” Jeu 19 & Ven 20 Janv. 19h (Entrée libre, muni d’un billet) — CONCERT FLASH 12H30 Avec François-Frédéric Guy, Tedi Papavrami et Xavier Phillips “L’art du trio” Beethoven • Schumann Ven 20 Janv. 12h30 (De 5 à 10 €) Toutes les infos, les ressources sur le programme, sur le site de l’Orchestre national de Lille http://www.onlille.com/event/201615-poeme-extase-beethoven-strauss-lille/




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18 janvier

Compte-rendu concert. Toulouse, Musée des Augustins, Salon Rouge ; Le 11 janvier 2017 ; Frantz Schubert ; Dmitri Chostakovitch ; Felix Mendelssohn ; Quatuor Modigliani : Amaury Coeytaux et Loïc Rio, violons, Laurent Marfaing, alto, et François Kieffer, violoncelle.

Compte-rendu concert. Toulouse, Musée des Augustins, Salon Rouge ; Le 11 janvier 2017 ; Frantz Schubert ; Dmitri Chostakovitch ; Felix Mendelssohn ; Quatuor Modigliani : Amaury Coeytaux et Loïc Rio, violons, Laurent Marfaing, alto, et François Kieffer, violoncelle. La vie des Grands quatuors à cordes est émaillée de remaniements et c’est l’un des mystères que de constater comme même avec le départ de l’un des musiciens se poursuit le projet artistique sans véritable heurt. C’est ainsi que le Quatuor Modigliani a perdu son charismatique et si sensible premier violon, Philippe Bernhard. Depuis le premier décembre 2017, c’est Amaury Coeytaux qui lui succède. Jeune musicien de grand talent, son intégration est parfaite. Avec un son plus charnu et incarné à l’opposé de la pureté et de la délicatesse du jeu de son prédécesseur. Cela conduit les autres musiciens du Quatuor Modigliani, surtout l’alto et le violoncelle a développer d’avantage leurs couleurs et la chaleur de leur jeu. Mais ce qui demeure intacte c’est cette connivence musicale de tous les instants permettant cette fulgurance des nuances, cette sensibilité des phrasés, et cette énergie communicable, marque d’un Quatuor particulièrement adulé de part le monde. Mystère insondable des quatuors, les Modigliani sont aussi sensationnels qu’auparavant, mais différemment. Le Quattersetz de Schubert est sous leurs doigts une pièce en forme de quintessence en un mouvement du génie Schubertien avec des audaces formelles d’écritures bien assumées. Le récent changement de leur premier violon, n’entâme en rien la complicité magnétique du Quatuor français… Longue vie aux Modigliani ! Nous avions entendu ce même premier Quatuor de Chostakovitch par les Modigliani en janvier dernier à la Biennale des quatuors de la Philharmonie de Paris. Nous avions été séduit par leur parti pris de pureté et de fraîcheur. Lire notre compte rendu du concert du Quatuor Modigliani à Paris, janvier 2016 . Le changement de premier violon sans s’écarter de cette manière va d’avantage vers la force de suggestion des grands quatuors à venir et leur modernité sous une apparence aimable. L‘alto de Laurent Marfaing et le violoncelle de François Kieffer osent une puissance de son et une beauté de timbre envoûtantes. Mais c’est dans le somptueux quatuor de Mendelssohn que la fulgurance du jeu uni en respectant des personnalités musicales fortes, a subjugué le public. Les qualités instrumentales magnifiques de chacun embrasant le tutti. Mendelssohn devient l’immense compositeur, le magnifique esprit romantique au faite de toutes les connaissance musicales passées. L’originalité des nuances poussées à l’extrême, la jubilation du scherzo, la douleur insondable du premier mouvement, la puissance tellurique du final : Toute la beauté de cette immense partition a été portée à un niveau d’excellence instrumentale et d’émotion musicale particulièrement aboutis. Ainsi le public comblé a obtenu deux bis avec Le Scherzo puis l’Adagio du Quatuor op. 18 n° 6 de Beethoven. Nous évoquions l’an dernier à Paris, une « jeune maturité » du quatuor Modigliani. Avec évidence, ils poursuivent leur fabuleuse évolution. L’arrivée d’Amaury Coeytaux y participe. Le son plus fruité n’en est que la partie apparente. Il est probable que tout le répertoire, et le plus exigent, attend les Modigliani. Nous les suivrons avec fidélité. Et nous souhaitons formuler tous nos vœux pour Philippe Bernhard, lui qui nous semblait être né pour jouer du violon, et dont les mimiques si expressives nous ont toujours enchantées. Si la complicité entre les membres du Quatuor Modigliani est du même niveau, la sympathie et la tendresse des regards, qui s’étaient construits dans l’enfance, ont comme muri. Ainsi va la vie. Longue vie aux Modigliani ! ____________________ Compte-rendu concert. Toulouse, Musée des Augustins, Salon Rouge ; Le 11 janvier 2017 ; Frantz Schubert (1797-1828) : Quatuor à cordes n°12 en ut mineur, D. 703, Quattersetz ; Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Quatuor à cordes n° 1 en ut majeur, opus 49 ; Felix Mendelssohn (1809-1847) : Quatuor à cordes en la mineur opus 13 ; Quatuor Modigliani : Amaury Coeytaux et Loïc Rio, violons, Laurent Marfaing, alto, et François Kieffer, violoncelle / Photo © Marie Stabat.

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18 janvier

Compte rendu concert. Paris, Philharmonie, le 16 janvier 2017. Schubert, Beethoven, Ravel, Ernst, Paganini. Maxim Vengerov (violon), Roustem Saïtkoulov (piano).

Compte rendu concert. Paris, Philharmonie, le 16 janvier 2017. Schubert, Beethoven, Ravel, Ernst, Paganini. Maxim Vengerov (violon), Roustem Saïtkoulov (piano). Voilà presque dix ans maintenant que le musicien Maxim Vengerov s’essaie (avec succès) à la direction d’orchestre, se produisant à la tête de grandes formations dans le monde entier. Mais c’est bien en tant que violoniste virtuose qu’il se présente ce soir à la Philharmonie de Paris. Accompagné du pianiste Roustem Saïtkoulov, son partenaire privilégié dans la formation violon/piano, Vengerov nous propose un programme alliant intimité et virtuosité. La première partie du concert est consacrée à la musique de chambre des premiers romantiques, avec des sonates de Schubert et de Beethoven. La Sonate en la majeur D. 574, publiée sous le titre « Duo », est caractéristique du Schubert aimable et charmant, celui de la Symphonie n°5 ou du Quintette à cordes « La Truite » composés à la même époque. Des mélodies délicates, l’impression d’une apparente facilité, d’une évidence dans le cheminement de l’œuvre, voilà ce qui ressort au premier abord de cette sonate. Et même si très vite on comprend que la partition réserve bien quelques difficultés, les deux musiciens, de leur jeu fluide et naturel, n’en laissent rien paraître. Immédiatement, le dialogue s’installe entre les deux partenaires. La complicité, fruit d’une longue expérience en duo, est palpable, chacun prenant la parole à tour de rôle. Pourtant, s’installe vite l’étrange sensation que la portée du violon reste relativement faible. Depuis la vaste scène, où l’espace n’est occupé que par les deux instrumentistes, le son du violon se perd dans la résonance du piano. Il nous apparaît lointain et feutré, certaines harmoniques, en particulier dans les graves, semblent étouffées. Mais à qui la faute ? Serait-ce la faiblesse momentanée d’un virtuose du violon jouant un instrument d’exception ? Peu probable. Roustem Saïtkoulov, au piano, se laisserait-il aller à trop d’emphase? À en juger par les fréquents coups d’œil qu’il jette à son partenaire, et à son toucher délicat, il semble au contraire attentif à l’équilibre des voix. Ne sommes-nous pas tout simplement mal placés dans cette grande salle, en dépit du fait qu’elle ait été conçue pour apporter une acoustique idéale quel que soit l’emplacement de l’auditeur ? Peut-être bien après tout… Quoiqu’il en soit, même s’il nous faut tendre légèrement l’oreille, cela ne nous empêche pas d’apprécier toute la musicalité qu’apporte le duo à cette séduisante sonate de Schubert. Le violon irrésistible de Maxim Vengorov Beethoven prend la suite, avec sa Sonate pour violon et piano n° 7. Composée en 1802, l’année du fameux « Testament d’Heiligenstadt », elle évolue en ut mineur, tonalité chère à Beethoven. C’est celle de sa Sonate pour piano n° 8 « Pathétique », celle de la marche funèbre de la Symphonie n° 3, ou encore celle de sa Symphonie n° 5. Elle inscrit l’œuvre dans une atmosphère dramatique. Brillante et énergique, la Sonate est caractéristique de la période « héroïque » du compositeur. Sa fougue s’accompagne d’un regain de puissance sonore bienvenu au violon. On admire particulièrement l’attention que Vengerov consacre à la qualité du son de chaque note, et sa capacité à conserver une incroyable densité même dans un archet extrêmement lent. C’est donc au final un beau moment de musique de chambre que nous offrent les deux musiciens dans cette première partie de concert. La deuxième partie est plus volontiers dédiée à la technique purement virtuose. La Sonate de Ravel entame sans détour les hostilités, avec dès le premier mouvement un passage en trémolos, exigeant du violoniste, une main droite solide. Si les difficultés techniques sont surmontées, cet Allegretto manque cependant de cohérence, les deux musiciens donnant par moment l’impression de jouer deux morceaux différents. Chacun peine à trouver sa place, et l’équilibre sonore instable nuit à la compréhension de l’ensemble. Le deuxième mouvement nous fait vite oublier cette petite faiblesse. C’est un vrai moment d’humour que nous propose Ravel avec ce Blues truffé d’allusions au ragtime. Entre pizzicatos et glissandi en tout genre, Vengerov s’amuse sur scène… et nous aussi ! Quant au troisième mouvement, il évoque très clairement dans son intitulé, Perpetuum mobile, la teneur de la partition : une succession ininterrompue et vertigineuse de doubles croches ! La suite du concert ne fait qu’aller crescendo dans la difficulté technique, tout d’abord avec une étude de Heinrich Wilhelm Ernst, dont le titre « Étude polyphonique » laisse, là encore, assez bien présager de ce qui va suivre : 8 minutes de jeu en doubles (voire triples !) cordes, des ribambelles de notes jouées avec l’archet combinées à des pizzicatos de la main gauche, des passages entièrement en harmoniques…. Rien d’étonnant à ce que Ernst ait été considéré comme le plus grand virtuose après Paganini. On ne s’étonne pas non plus d’apprendre qu’il a destiné cette étude à Antonio Bazzini, compositeur de la célèbre et tout aussi diabolique Ronde des lutins, véritable tube du répertoire du violon et régulièrement repris en bis des récitals. Seul sur scène, Vengerov se démène tant et si bien qu’on croirait effectivement entendre plusieurs violons dans cette étude polyphonique. Et s’il y a bien une ou deux notes manquées dans la totalité du morceau, qu’importe ! Cela nous prouve seulement une chose : notre virtuose est bien un être humain, ce dont on commençait légèrement à douter au vu de son jeu extraterrestre… Après une courte pièce de Paganini, un Cantabile à l’opposé de ce que l’on connaît habituellement du compositeur, nos musiciens enchaînent avec Thème et variations sur un air de Rossini. Si la variation I commence presque sagement, Paganini trouve sans cesse une difficulté supplémentaire dans les variations suivantes, même lorsque l’on croit avoir atteint le sommet de la virtuosité violonistique. Étourdissant ! C’est un tonnerre d’applaudissements mérité qui vient couronner ce dernier tour de force. Mais le duo ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Car ce n’est pas moins que quatre bis qu’il nous offre en fin de concert. Tout d’abord deux pièces de Kreisler (Caprice Viennois et Tambourin chinois), puis la Danse hongroise n°2 de Brahms, pour terminer ce programme virtuose. Enfin, après quelques mots de remerciements à l’attention du public (en français s’il vous plaît !), Maxim Vengerov nous annonce le dernier bis de la soirée : Après un rêve de Gabriel Fauré. La virtuosité est mise de côté au profit d’un dernier instant de douce mélancolie avec cette mélodie du compositeur français. Le public, conquis, attendra cette fois l’ultime résonance du violon pour applaudir. Face à tant de talent et d’excellence, et ce quel que soit le répertoire abordé, on est obligé d’admettre que Maxim Vengerov est sans conteste l’un des violonistes les plus brillants de notre époque. Espérons qu’il ne délaisse pas trop l’archet de son instrument pour sa baguette de chef d’orchestre, et qu’il continue de nous émerveiller comme il l’a fait ce soir. ______________________ Compte rendu concert, Paris, Philharmonie grande salle Pierre Boulez, le 16 janvier 2017. Franz Schubert (1797-1828) : Sonate pour violon et piano en la majeur D. 574 « Duo », Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour violon et piano n°7 en ut mineur op. 30 n°2, Maurice Ravel (1875-1937) : Sonate pour violon et piano en sol majeur, Heinrich Wilhelm Ernst (1814-1865) : Étude polyphonique n°6 « Die letzte Rose », Nicolò Paganini (1782-1840) : Cantabile en ré majeur pour violon et piano op. 17 et I Palpiti, thème et variations sur un air de « Tancredi » de Rossini op. 13. Maxim Vengerov (violon), Roustem Saïtkoulov (piano).



La lettre du musicien (Comptes rendus)

18 janvier

Pierre-Laurent Aimard joue Beethoven avec l'Orchestre national de Lyon

Programme Haydn et Beethoven à l’auditorium de Lyon qui avait invité le pianiste Pierre-Laurent Aimard, un artiste trop rare en France. Quant au chef Ton Koopman, des problèmes de santé l’ont contraint à laisser la baguette au chef italien Riccardo Minasi, récemment nommé directeur musical du Mozarteum de Salzbourg.La soirée débute avec la Première Symphonie de Haydn... et se clôturera avec sa dernière. Les premières symphonies du compositeur autrichien possèdent déjà toutes les qualités des chefs-d’œuvre qui suivront : éclat de l’orchestration, humour et variété de l’invention. L’Orchestre national de Lyon y déploie une belle couleur et une belle homogénéité, avec une mention particulière pour les cors. En revanche, le continuo s’avère (trop) discret, sauf dans troisième mouvement où l’équilibre des masses frise la perfection. Une fois installé à son piano, Pierre-Laurent Aimard est chargé d’ouvrir le feu, puisque comme chacun sait, le Concerto n°4 de Beethoven – qu’il est venu interpréter – débute par l’intervention du piano solo, à rebours de la tradition établie jusqu’alors d’une introduction orchestrale. Et c’est véritablement “de concert” que pianiste et chef entament l’Allegro moderato sur un tempo prenant le temps de dérouler très noblement la phrase beethovénienne, sans jamais la rudoyer. Pierre-Laurent Aimard livre là une interprétation élégante et chantante, harmonieuse et majestueuse, mais aussi dramatique et contrastée. Les phrasés francs et naturels, dénués de tout artifice hors de propos, accentue la sensation de confort musical que l’auditeur éprouve tout au long des trois mouvements. En bis, il interprète deux des prenantes Miniatures de Gyorgy Kurtag. Après l’entracte, Minasi parvient à souligner l’excellence de la Symphonie n°104 de Haydn, dite “Londres”. Rien du foisonnement de l’écriture, des surprises ou du jeu des tonalités n’échappe au chef italien, offrant au public lyonnais toute la richesse et la profondeur de l’ultime des symphonies du maître d’Esterhazy. Emerveillé, le public répond à ce feu d’artifice musical par un véritable triomphe et de nombreux rappels. (14 janvier) Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux. Vous souhaitez déposer un commentaire ? Utilisez le champs ci-dessous (attention, pour laisser un commentaire, vous devez préalablement vous identifier).

Ludwig van Beethoven
(1770 – 1827)

Ludwig van Beethoven est un compositeur allemand né le 16 décembre 1770 et mort le 26 mars 1827. Dernier grand représentant du classicisme viennois (après Gluck, Haydn et Mozart), Beethoven a préparé l’évolution vers le romantisme en musique et influencé la musique occidentale pendant une grande partie du XIXe siècle. Inclassable, son art s’est exprimé au travers différents genres musicaux, et bien que sa musique symphonique soit la principale source de sa popularité universelle, il a eu un impact également considérable dans l’écriture pianistique et dans la musique de chambre. Vers 1793, Haydn dit de lui « Vous me faites l’impression d’un homme qui a plusieurs têtes, plusieurs cœurs, plusieurs âmes ». Surmontant à force de volonté les épreuves d’une vie marquée par le drame de la surdité, célébrant dans sa musique le triomphe de l’héroïsme et de la joie quand le destin lui prescrivait l’isolement et la misère, il a mérité cette affirmation de Romain Rolland : « Il est bien davantage que le premier des musiciens. Il est la force la plus héroïque de l’art moderne ». Expression d’une inaltérable foi en l’homme et d’un optimisme volontaire, affirmant la création musicale comme action d’un artiste libre et indépendant, l’œuvre de Beethoven a fait de lui une des figures les plus marquantes de l’histoire de la musique.



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